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Bach l’italien par Alexandre Tharaud

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Johann Sebastian Bach (1685-1750). Concertos pour clavier seul  : Concerto italien BWV 971 ; Concertos BWV 973 et BWV 975 d’après Vivaldi ; Concerto BWV 974 d’après A. Marcello ; Concerto BWV 981 d’après B. Marcello ; Andante et Adagio du concerto BWV 979 d’après Torelli (arrangement Alexandre Tharaud) ; Sicilienne du concerto pour orgue BWV 596 d’après Vivaldi (transcription Alexandre Tharaud). Alexandre Tharaud (piano). Durée totale : 55’29. 1 CD Harmonia Mundi réf : HMC 901871.

 

Bach l’italienDans l’austère atmosphère de la cour de Weimar, découvre, à moins de trente ans, le soleil de la musique transalpine : Albinoni, Vivaldi, Marcello mais aussi l’italianisant Telemann. À son clavecin, il s’enivre de ces rythmes pleins d’une énergie ardente, propices aux épanchements virtuoses, ajoute des effets, orne à loisir les longues arias lyriques. Il restera de nombreuses traces de cet éblouissement dans son œuvre ultérieur -une fugue qui emprunte à Albinoni, un trait de violon vivaldien dans une messe, tel concerto tout imprégné de ces saveurs épicées- et, bien des années plus tard, il publie son Concerto dans le goût italien, hommage et transformation d’un style qu’il avait si bien assimilé.

, après un Rameau remarquable, poursuit avec un égal bonheur son exploration du répertoire baroque en nous offrant quelques-unes de ces transcriptions, rares au disque et encore plus au piano, en compagnie du Concerto italien. On sent chez ce pianiste une profonde connaissance de la rhétorique baroque, dans la rigueur et la précision de l’ornementation comme dans la liberté improvisatrice et le sens du phrasé. L’Italie de Bach mêle ainsi une parfaite clarté polyphonique -le moindre détail est mis en évidence avec une netteté remarquable- à une certaine fièvre expressive, comme dans l’exaltation croissante du finale du concerto BWV 973, l’un des grands moments de cet enregistrement. Surtout, ce qui marque dès la Sicilienne d’entrée, c’est la grande beauté et la variété de toucher du pianiste. Sur un piano fruité, superbement enregistré de surcroît, il délivre un son ample, liquide dans les arias magnifiquement chantantes, tandis que les mouvements rapides, toujours très vifs, bondissent avec énergie mais sans aucune dureté. Un vrai mélange de passion méditerranéenne et de précision germanique.

Un tel disque décourage l’analyse ; après une semaine d’écoutes répétées, reste surtout la sensation d’une évidence et d’un naturel confondants. Bref, une leçon de rigueur et de liberté, un disque euphorisant, qui contient sans doute l’une des plus belles versions du Concerto italien et fait espérer qu’ se penchera à nouveau sur ce répertoire ; il reste encore quatre concertos d’après Vivaldi, également magnifiques. Alors vite !

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Johann Sebastian Bach (1685-1750). Concertos pour clavier seul  : Concerto italien BWV 971 ; Concertos BWV 973 et BWV 975 d’après Vivaldi ; Concerto BWV 974 d’après A. Marcello ; Concerto BWV 981 d’après B. Marcello ; Andante et Adagio du concerto BWV 979 d’après Torelli (arrangement Alexandre Tharaud) ; Sicilienne du concerto pour orgue BWV 596 d’après Vivaldi (transcription Alexandre Tharaud). Alexandre Tharaud (piano). Durée totale : 55’29. 1 CD Harmonia Mundi réf : HMC 901871.

 
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