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Poésie amoureuse et voix androgyne

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Disperato Amore. Matthew White, contre-ténor. Les Voix Baroques. Cantates et musique instrumentale d’Alessandro Scarlatti (1660-1725). 1 CD 67’15. DDD Analekta 2005 AN 2 9904.

 

analekta_matthew_white-300x299Le deuxième enregistrement de et Les Voix Baroques réunit cette fois-ci trois cantates, un motet et deux sonates de Pietro Alessandro Gaspare Scarlatti. De l’immense production du grand compositeur, – quelque 600 cantates profanes ou religieuses répertoriées, auxquelles s’ajoutent 35 oratorios, des messes, plus de 85 opéras et pastiches, une œuvre instrumentale, des sonates pour flûte et enfin des œuvres diverses pour clavier – l’on ne connaît qu’une partie infime de l’un des maîtres du baroque italien. Éclipsé par son fils Domenico, on attend toujours l’exhumation de l’œuvre d’un musicien de premier plan, qui aux dires de certains exégètes, «… composait trop bien pour avoir du succès. »

possède une voix rare de contre-ténor qui se double d’un artiste lyrique exceptionnel que nous avons découvert lors de la parution de son premier disque Elegeia, qui lui valut les plus élogieuses critiques tant au Canada qu’à l’extérieur du pays. Il renouvelle cet exploit, interprétant quelques pièces d’ consacrées à la poésie amoureuse sur des textes finement ciselés, exploitant le thème récurrent de l’amant désespéré, trahi, de l’amour cruel mais aussi des mystères d’un cœur aimant, de l’espérance et de la fidélité. Il y a un équilibre entre récitatif et aria, une correspondance entre page orchestrale alliée à la couleur de la voix qui parviennent en tout temps à nous émouvoir, à nous sortir de la torpeur « de la sombre horreur qui m’entoure ». L’ensemble Les Voix Baroques interprète avec talent ce superbe répertoire. Toutes les pièces choisies démontrent la quintessence de l’art baroque – cette esthétique spirituelle – et consacrent la pureté de la musique dans des formes originales parfaites. C’est la crainte, la douleur toujours exaltée, la perte de l’être cher, la trahison, l’isolement, tous ces sentiments qui prouvent que nous parcourons tous le même chemin initiatique – êtres fragiles que nous sommes – qui nous conduit corps et âme dans la mort.

Matthew White, né à Ottawa en 1973 et diplômé en littérature anglaise, a entrepris des études de chant à Montréal avec l’éminent pédagogue Yan Simons, lauréat du Prix Hommage lors du Gala Prix Opus, – l’équivalent québécois des Victoires de la Musique en France. Il est aussi le directeur de la programmation de l’ensemble montréalais Les Voix Baroques, une jeune formation de chambre qui se spécialise dans l’interprétation historique des répertoires des dix-septième et dix-huitième siècles pour voix seules et instruments. Rappelons qu’en janvier 2004, Matthew White et son ensemble avaient remporté à Cannes, avec Elegeia, le prix international du disque classique 2004.

Le jeune contre-ténor fera ses débuts ce mois-ci avec le New York City Opera dans Orlando où il tiendra le rôle de Medoro. De plus, il se produira avec l’ensemble belge Collegium Vocale Gent sous la direction de Philippe Herreweghe en avril et en mai. Enfin, on pourra l’entendre à Toronto dans un oratorio de Haendel peu souvent interprété, Deborah, avec Tafelmusik Baroque Orchestra.

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Disperato Amore. Matthew White, contre-ténor. Les Voix Baroques. Cantates et musique instrumentale d’Alessandro Scarlatti (1660-1725). 1 CD 67’15. DDD Analekta 2005 AN 2 9904.

 
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