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Tchaïkovski, Sans Eugène ? point de plaisir .. !

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Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Eugène Onéguine. Mise en scène : Sergei Barkhin (d’après une production de 1944). Décors : Alena Pikalova. Costumes : Yelena Merkurova. Chorégraphie : Yuri Papko. Avec : Irina Udalova, Madame Larina ; Maria Gavrilova, Tatiana ; Yelena Novak, Olga ; Galina Borisova, Fillippievna ; Vladimir Redkin, Eugène Onéguine ; Nikolai Baskov, Lensky ; Aik Martirosyan, Prince Grémine ; Alexander Arkhipov, Triquet. Chœurs du Théâtre du Bolchoïde Moscou (chef de chœur : Stanislav Nikov), Orchestre du Théâtre du Bolchoï de Moscou, direction : Mark Emler. Captation vidéo : Nikita Tikhonov, le 18 octobre 2000. Surtitrages : anglais, allemand italien, espagnol, français. Zone 2. 2 DVD TDK (sans bonus)

 

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Eugène Onéguine est un de ces chefs-d’œuvre qui s’accommodent de quasiment toutes les mises en scène, qu’il s’agisse d’une production ultra-conservatrice, voire poussiéreuse, comme celle que le théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg en exporte régulièrement à Paris, ou d’une production branchée, dépouillée et haute couture comme celle qu’a proposé Irina Brook à Aix-en-Provence en 2002, tout simplement parce qu’il nous parle de nos passions et de nos désillusions. Comme le disent madame Larina et la vieille nourrice Filippievna au tout début de l’œuvre : « Dieu nous a donné des habitudes qui remplacent le bonheur », Tatiana et Eugène en conclusion : « le bonheur était possible, et si proche, si proche », ou…Woody Allen dans son dernier film : « pourquoi faut-il que tout ce qui paraît prometteur finisse toujours à la décharge? ». L’amertume du désenchantement est universelle et intemporelle. C’est pourquoi on contemple la pochette du DVD de cet Eugène Onéguine du Bolchoï sans appréhension, on remarque qu’il s’agit d’une reprise en 2000 d’une production de 1944, pourquoi 1944? Etait-ce une mise en scène qui a fait date? La plaquette d’accompagnement est muette à ce sujet, on tremble et on espère en lisant le nom des chanteurs dont quasiment aucun n’est connu de ce coté ouest de l’Europe, on note un certain Arkhipov en monsieur Triquet, on se demande s’il a un lien de parenté avec la glorieuse Irina Arkhipova.

Et de nouveau, au visionnage du DVD, la magie opère, d’autant plus que la production proposée est de très haute tenue. La mise en scène est classique, bien entendu, étant donné son âge, mais ne sent la naphtaline à aucun moment, la direction d’acteur est vivante et juste et on sent les protagonistes vraiment concernés. De plus, et ceci ne gâte rien, tous les chanteurs ont le physique de leur rôle. Nous ne sommes pas au beau milieu d’une production de routine, même si Eugène Onéguine est un pilier du répertoire du Bolchoï. Les décors sont forts beaux, et même luxueux, hélas occultés par la profusion de gros plans, on aimerait par exemple mieux voir la merveilleuse image de Tatiana écrivant sa lettre sur son lit baigné d’une lumière dorée, on accorde sans hésiter le bénéfice de l’authenticité aux très jolis costumes, seul le perruquier a encore de gros efforts à faire (les couettes blondes d’Olga!) La distribution est de très haut niveau, la troupe homogène, avec un gros coup de cœur pour le Lenski romantique à souhait de et le Grémine craquant de . , Onéguine de belle prestance dont on ne peut que tomber amoureuse, vit intensément son personnage qu’il chante d’une voix facile. La Lisa de est peut-être un cran légèrement en dessous, manquant d’une touche de fragilité dans la première partie et d’une touche de noblesse dans la deuxième, mais ce ne sont que vétilles face à ses aigus lumineux et l’aisance avec laquelle elle mène la redoutable scène de la lettre. Ajoutons pour clore le tableau une madame Larina et une Filippievna bien en situation et une Olga qui existe vraiment, fait assez rare pour être mentionné.

On dira moins de bien de l’orchestre sous la direction un rien prosaïque de Mark Emler, qui manque d’envolées romantiques, et dont les cuivres sonnent bien aigres. Et tant qu’à parler de ce qui fâche, mentionnons le public, enthousiaste au possible, qui applaudit à chaque entrée, à la fin de chaque air, sans attendre que la musique s’arrête. Le systématisme de ces applaudissements finit par lasser et agacer, on aimerait les faire taire pour conserver la magie du moment. Enfin, l’enregistrement est fait sur deux DVD, sans bonus, ce qui rend le deuxième un peu court.

En conclusion, un seul mot pour qualifier ce coffret DVD : indispensable.

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Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Eugène Onéguine. Mise en scène : Sergei Barkhin (d’après une production de 1944). Décors : Alena Pikalova. Costumes : Yelena Merkurova. Chorégraphie : Yuri Papko. Avec : Irina Udalova, Madame Larina ; Maria Gavrilova, Tatiana ; Yelena Novak, Olga ; Galina Borisova, Fillippievna ; Vladimir Redkin, Eugène Onéguine ; Nikolai Baskov, Lensky ; Aik Martirosyan, Prince Grémine ; Alexander Arkhipov, Triquet. Chœurs du Théâtre du Bolchoïde Moscou (chef de chœur : Stanislav Nikov), Orchestre du Théâtre du Bolchoï de Moscou, direction : Mark Emler. Captation vidéo : Nikita Tikhonov, le 18 octobre 2000. Surtitrages : anglais, allemand italien, espagnol, français. Zone 2. 2 DVD TDK (sans bonus)

 
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