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L’Étoile du Soir à Garnier : nomination du Danseur Étoile Wilfried Romoli

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Paris. Palais Garnier. 21-II-2005. Les Familiers du labyrinthe (création). Chorégraphie  : Michèle Noiret. Musique  : de et interprétée par Todor Todoroff. Décors : Alain Lagarde. Vidéo : Fred Vaillant. Lumières : Xavier Lawers. Avec : Nolwenn Daniel, Benjamin Pech. Ich bin… (création). Chorégraphie : Susanne Linke. Musique : Tomasz Sikorski. Décors : Thomas Richter-Forgach. Vidéo : fettFilm (Momme Hinrichs, Torge Möller). Costumes : Olivier Bériot. Lumières : Pascal Mérat. Avec : Wilfried Romoli, Mélanie Hurel et Frédéric Lagneau, piano. Les Sept Péchés capitaux. Chorégraphie : Laura Scozzi. Mise en scène et costumes : Laurent Pelly. Décors : Chantal Thomas. Avec Elisabeth Maurin, Caroline Bance, Pierre Rétif, Martin Chaix, Laurence Laffon et le Ballet de l’Opéra de Paris Musique : Kurt Weill. Avec : Ursula Hesse von den Steinen, Anna I, Ian Caley, Andreas Jäggi, Nigel Smith, Nicolas Cavalier, Die Familie. Orchestre de l’Opéra de Paris, direction : Edward Gardner.

C’est une reconnaissance tardive, mais bien nécessaire, que la nomination de Danseur-Étoile du Ballet de l’Opéra de Paris offerte à , quarante-deux ans, Premier Danseur par concours en 1989, et resté depuis injustement à l’écart de la récompense suprême malgré de nombreuses prises de rôle d’Étoile.

Certes, , avec sa taille moyenne, sa morphologie plutôt athlétique et musclée et ses dons de comédien, n’a pas le profil exact de « Prince » tel qu’on l’entend dans le monde du ballet classique, mais le niveau d’excellence auquel il a élevé certains seconds rôles comme Hilarion dans Giselle, Coppélius dans Coppélia, Des Grieux dans l’Histoire de Manon et surtout Rothbart et Tybalt dans les chorégraphies de Rudolf Noureev du Lac des Cygnes et de Roméo et Juliette, aurait du depuis longtemps le voir récompensé du titre de Danseur Étoile.

La nomination à laquelle, à trois ans de la retraite il ne croyait plus, équivalent du bâton de Maréchal pour un Premier Danseur, lui a été signifiée en public, à la fin du spectacle, à l’occasion de son interprétation de la création de , Ich bin… sur une musique de Tomasz Sikorski. Triomphe public et reconnaissance tardive, plus, pour la première fois dans les annales de l’Opéra de Paris, couronnement d’une carrière sans fautes avec les temps forts que l’on a dit, cette nomination apparaît cependant curieuse à l’occasion de la participation de Romoli au bien anecdotique Ich bin… réglé par la chorégraphe allemande d’après les souvenirs vécus et photographiques de l’œuvre de sa grande compatriote Mary Wigman. On pourra applaudir Romoli dans les semaines à venir dans Sylvia chorégraphie majeure de John Neumeier qui lui a fait souvent confiance pour danser ses ballets et encore dans la reprise de Wuthering Heights, chorégraphie de son ami le Danseur Étoile Kader Belarbi créée en 2002 qui sera reprise et révisée à l’Opéra Garnier.

C’est dans un palais Garnier au public un peu clairsemé et très cosmopolite qu’a eu lieu cette création de Suzanne Linke. Il faut certes une personnalité aussi forte que celle de Wilfried Romoli pour ouvrir la pièce en slip et chaussettes avant de revêtir une robe pantalon comme c’était l’usage dans les années quarante pour les interprètes féminines du mouvement expressionniste. Belle démonstration du genre par un interprète sans ambiguïté très masculin, entouré de dix-huit danseurs réduits à de la figuration. Quelques beaux duos avec , un intérêt documentaire indéniable pour les connaisseurs de l’histoire de la Danse, mais on doute de l’importance de la pièce au titre de fond de répertoire. La musique de Tomasz Sirkosi interprétée au piano par Frédéric Lagneau évoque celle du cinéma muet, une espèce de Satie Mittel-Europa.

Beaucoup plus forte est l’impression laissée par la première pièce les Familiers du Labyrinthe de . Par sa scénographie d’abord : sur la scène vide et noire, trois éléments pendent des cintres, figurant comme de grandes voiles argentées délimitant l’espace. La projection d’une vidéo sur l’écran du fond de scène crée un climat oppressant tout comme la musique électroacoustique nourrie de bruitages de Todor Todoroff délimite des espaces sonores et envahit l’espace du théâtre. Les éclairages de Xavier Lauwers se plaisent à cerner les personnages de pénombre allant même jusqu’à les exposer en ombres chinoises. La chorégraphe belge fait évoluer dans ce cadre des groupes de personnages qui se promènent dans un monde opprimant, quelque chose comme un paysage urbain déprimant ou un environnement psychiatrique ? Malgré une certaine longueur due à la minceur du propos et à l’intégration difficile des solistes et à l’ensemble, le spectacle est assez fort et d’une indéniable élégance.

On retrouvait avec grand plaisir les Sept Péchés Capitaux ballet de Kurt Weill et Bertolt Brecht (1933) dans la très fantaisiste et brillante adaptation qu’en firent en 2001 la chorégraphe italienne et le metteur en scène Laurent Pelly. Avec une équipe de chanteurs menée par la Anna I du mezzo-soprano allemand Ursula Hesse von den Steinen, et la Danseuse-Étoile , impayable dans son double Anna II, et dans la fosse un Orchestre de l’Opéra de Paris en très grande forme sous la direction d’Edward Gardner, cette chorégraphie à l’argument didactico-moralisateur, très joliment actualisé dans cette réalisation moderne, s’est taillé après l’austérité des deux créations, un franc succès public.

Crédit photographique : © Icare, Opéra Garnier

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Paris. Palais Garnier. 21-II-2005. Les Familiers du labyrinthe (création). Chorégraphie  : Michèle Noiret. Musique  : de et interprétée par Todor Todoroff. Décors : Alain Lagarde. Vidéo : Fred Vaillant. Lumières : Xavier Lawers. Avec : Nolwenn Daniel, Benjamin Pech. Ich bin… (création). Chorégraphie : Susanne Linke. Musique : Tomasz Sikorski. Décors : Thomas Richter-Forgach. Vidéo : fettFilm (Momme Hinrichs, Torge Möller). Costumes : Olivier Bériot. Lumières : Pascal Mérat. Avec : Wilfried Romoli, Mélanie Hurel et Frédéric Lagneau, piano. Les Sept Péchés capitaux. Chorégraphie : Laura Scozzi. Mise en scène et costumes : Laurent Pelly. Décors : Chantal Thomas. Avec Elisabeth Maurin, Caroline Bance, Pierre Rétif, Martin Chaix, Laurence Laffon et le Ballet de l’Opéra de Paris Musique : Kurt Weill. Avec : Ursula Hesse von den Steinen, Anna I, Ian Caley, Andreas Jäggi, Nigel Smith, Nicolas Cavalier, Die Familie. Orchestre de l’Opéra de Paris, direction : Edward Gardner.

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