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Une Raymonda pour Natalia Bessmertnova

À emporter, Danse , DVD, DVD Danse

Alexandre Glazounov (1865-1936) : Raymonda. Chorégraphie : Youri Grigorovitch, d’après Marius Petipa et Aleksandr Gorsky. Mise en scène : Simon Virsaladzé. Avec : Natalia Bessmertnova, Raymonda ; Youri Vasiouchenko, Jean de Brienne ; Gedminas Taranda, Abderakhman ; Elena Bobrova, la Comtesse Sybille ; Andrei Sitnikov, le roi André II de Hongrie ; Maria Bilova, Clémence ; Olga Suvorova : Henriette ; Leonid Nikonov, Bernard ; Igor Zakharkin, Béranger ; Irina Dmitrieva, la Dame Blanche, Orchestre du Théâtre Bolchoï, direction : Algis Zhuraitis. Réalisation : Shuji Fujii. Enregistré en 1989 au Théâtre du Bolchoï. Menu en français, anglais, allemand, espagnol. 1 DVD Arthaus Musik 100 719. Toutes zones. Durée : 125 minutes.

 

Raymonda, ballet en trois actes et six scènes, est le dernier chef-d’œuvre d’une époque qui se finit. C’est en quelque sorte le chant du cygne à la fois de (qui connaît là son dernier triomphe, les ballets qu’il a créé par la suite n’ayant remporté que des succès d’estime), d’un siècle (Raymonda fut créé le 7 janvier 1898), et de l’âge d’or du ballet classique. Et il est assez surprenant de constater que c’est une œuvre mal connue, et moins représentée que d’autres telles que La Belle au Bois dormant ou bien Le Lac des Cygnes, alors que la composition de la chorégraphie est assez similaire : adages lyriques et variations à la virtuosité superlative, de nombreuses danses de caractère, des pas de trois et des pas de quatre, scènes de rêve. Malgré le rôle (écrasant) de la prima ballerina, qui est présente à chaque acte, malgré une musique flamboyante, pleine de sensualité et de mystère, c’est un ballet qui semble moins accessible et plus intellectualisée que d’autres compositions. La virtuosité n’y est jamais gratuite, et est à l’origine d’une émotion que l’on doit à la symbiose entre la partition orchestrale et la brillance de la création chorégraphique.

Il est d’autant plus étonnant d’avoir aussi peu de témoignages en vidéo de Raymonda. Ce DVD issu du catalogue du Bolchoï met en valeur la ballerine incontestée de ce grand théâtre, , qui a dansé les plus grands rôles de solistes pendant plus de trente ans. Cette captation (qui date de 1989) nous la montre technicienne aboutie, qui sait irradier la scène d’un délié rare et d’un charme envoûtant. S’en fait témoin le public, comme toujours, chaleureux, qui l’applaudit à tout rompre, et la fait même revenir sur scène pour saluer. Son partenaire, , pêche par certains moments par un manque d’aisance dans les passages exigeant à la fois rapidité d’exécution et naturel : il n’arrive pas à associer les deux, et cela donne un caractère un peu brouillon dans les variations, ce qui regrettable, car il ne démérite pas dans les adages, où, plein de poésie et d’inspiration, il se montre un partenaire attentif. Il faut tout de même signaler la virilité sauvage de Gedminas Taranda, qui incarne le rival de Jean de Brienne, Abderakhman. Même si le rôle est plus mimé que dansé (dans cette version révisée de Grigorovich), il est tout à fait l’opposé de Jean de Brienne. Finalement, on s’autoriserait à penser que les deux adversaires sont les deux facettes d’un même personnage, raison pour laquelle Raymonda ne sait choisir entre ses deux prétendants.

Le corps de ballet, sans être forcément des plus captivants, assure quand même le strict minimum correct pour une soirée de routine.

Enfin, mention spéciale pour l’orchestre, savamment dirigée par Algis Zhuraitis, qui ne massacre pas une partition de toute beauté, et sait en tirer la délicate substance qui fournit un argument convaincant à ce qui se passe sur scène.

C’est donc un DVD qui, à défaut d’être parfait, peut tout à fait se trouver dans n’importe quelle collection d’amateur, ne serait-ce que pour la rareté de l’œuvre.

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