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Liszt transcripteur suivi de Schubert et l’infini

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« Liszt transcripteur » suivi de « Schubert et l’infini ». Jacques Drillon. Actes Sud. Mars 2005. ISBN 2- 7427-5463-6. 205 pages. 20 €.

 

, , deux compositeurs aux destins comparables par la notoriété dont ils jouissent aujourd’hui pour l’ensemble de leur œuvre, ont pourtant eu des vies sociales totalement différentes. L’un, Schubert, introverti par une timidité maladive qu’un physique ingrat et une maladie précoce n’auront jamais aidé à surpasser, l’autre, Liszt, rayonnant au concert, puissant séducteur du public et surtout des femmes. Si le hongrois a pu bénéficier, de plus, d’une longévité plus grande que l’autrichien, les deux hommes ont cependant en commun une énergie créative débordante. Schubert écrit plus de 1000 œuvres en 31 ans de vie même s’il en laisse beaucoup inachevées. Liszt nous offre d’innombrables arrangements, transcriptions et adaptations des œuvres de ses pairs car il sait aussi s’isoler totalement pour la composition. Parmi ses créations personnelles la Sonate en si mineur S178 est un pur joyau rendant définitivement compte de son indéniable talent.

Les deux ouvrages de Jacques Drillon : Liszt transcripteur (1986) et Schubert et l’infini (1988) ont été subtilement réunis dans un même ouvrage disponible depuis mars 2005 aux éditions Actes-Sud. L’auteur nous propose une analyse musicale foisonnante de détails en se mettant au plus près de la partition et de la personnalité des deux compositeurs. Le style, clair et précis, aide à une lecture aussi fluide que passionnante. Citons : «Liszt ne recule devant aucune difficulté. Il court vers elle, au contraire, et s’en joue avec une désinvolture confondante …». Puis : «L’inachèvement semble une pratique éminemment schubertienne. On peut même dire qu’il prend chez lui valeur de symbole et, pourquoi s’arrêter en si bon chemin, de modèle : traitez de l’inachèvement et vous ne pourrez éviter Schubert …». De nombreux extraits de partitions accompagnent le discours, puisqu’il est question de musique et qu’on ne peut développer un argumentaire valable sans s’y appuyer. Mais que l’on ne s’y trompe pas, nous ne sommes pas en possession d’un ouvrage musicologique. Jacques Drillon prend ici la plume du musicographe avec, il faut le dire, une très belle réussite.

L’ouvrage est à conseiller à tous les mélomanes curieux mais aussi à tous ceux qui ne veulent plus entendre les termes réducteurs qui ont si souvent été associés à ces deux compositeurs. Entre le Liszt «copieur» et les «divines longueurs schubertiennes» nous avions fini par oublier le principal …

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