Concerts, La Scène, Musique symphonique

Philippe Herreweghe dirige Beethoven

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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 31-V-2005. Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Symphonie N°1 en ut majeur, op. 21 ; Symphonie N°3 en mi b majeur, op. 55. deFilharmonie, direction : Philippe Herreweghe.

Loin des habitudes musicales

Après avoir organisé l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven, le Bozar nous présente une série de concerts dédiés aux célèbres symphonies. Une lourde tâche attend , chef réputé de l’Orchestre des Champs-Élysées et du Collegium Vocale, avec cette intégrale. Il transpose le travail préliminaire, réalisé avec l’Orchestre des Champs-Élysées, à un orchestre symphonique traditionnel, auquel s’ajoutent deux trompettes naturelles et des timbales en peau. Le programme de ce soir est consacré, pour la première partie, à la première symphonie, la plus classique, qui est fortement inspirée de l’héritage musical de Joseph Haydn. En seconde partie, on découvre une symphonie beaucoup plus contrastée, et qui présage l’éclatement de la forme, pour évoluer jusqu’aux symphonies religieuses. La symphonie, initialement dédiée à Napoléon Bonaparte, fut renommée « Héroïque » lorsque Beethoven apprit que Bonaparte s’était fait couronner empereur.

Dans la version que Herreweghe nous propose, on oublie rapidement les versions « pompier » et lentes que Cluytens ou Karajan nous ont laissées, pour découvrir une version fraîche, des tempos plus rapides et un phrasé parfois dur, mais très rythmique. Toute l’émotion est liée à ce phrasé, et pas à un vibrato mièvre. Les syncopes sont parfois un peu brutales, mais donnent cette inflexion rythmique tant recherchée par le chef d’orchestre. Les nuances forte sont modérées et cantonnent les vents dans un rôle secondaire. Les cuivres se font précis et discrets, laissant donc la parole au quatuor.

Un petit clin d’œil humoristique à la direction de que notre collaborateur Richard Letawe compare, dans sa critique à « un boxeur en train de s’échauffer ». Comme pour tout ce qui est ancré dans les habitudes musicales, cette vision des symphonies de Beethoven heurte et nous emmène trèsloin de ce à quoi nous sommes habitués.

Crédit photographique : © Michel Garnier

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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 31-V-2005. Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Symphonie N°1 en ut majeur, op. 21 ; Symphonie N°3 en mi b majeur, op. 55. deFilharmonie, direction : Philippe Herreweghe.

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