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Bruxelles. Théâtre royal de la Monnaie. 10-VI-2005. « Femmes déchues et épouses vertueuses ». Kurt Weill (1900 – 1950) : Nanna’s Lied, prologue ; FranzJosef Haydn (1732-1809) : Die zu späte Ankunft der Mutter ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) : Die Alte ; Robert Schumann (1810 – 1856) : Lieder der Braut II ; Johannes Brahms (1833 – 1897) : Mädchenlied ; Hugo Wolf (1860 – 1903) : Ich hab in Penna ; Richard Strauss (1864 – 1949) : Drei lieder der Ophelia, op 67 : Wie erkenn ich meinTreulieb von andern nun ?, Guten morgen, es ist Sankt Valentinstag, Sie trugen inh auf der Bahre bloss : Herbert Hughes (1882-1932) : I know where I’m going ; William Walton (1902 – 1983) : Wapping Old Stairs ; Arthur Bliss (1891 – 1975) : The return from Town ; Benjamin Britten (1913-1976) : Sweet Polly Oliver ; Kurt Weill (1900-1950) : Und was Bekam des Soldaten Weib ? Here I’ll stay ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Une sainte en son auréole ; Albert Roussel (1869-1937) : Réponse d’une épouse sage ; Henri Duparc (1848 – 1933) : Au pays se fait la guerre ; Noël Coward (1899-1973) : Spinning Song ; Alice is at it again, A bar at the Piccola Marina ; Francis Poulenc (1899-1963) : La dame de Monte Carlo ; Reynaldo Hahn (1875-1947) : C’est très vilain d’être infidèle ; Oscar Strauss (1870-1954) : Warum soll eine Frau kein Verhältnis haben ? ; Murray Grand (1919) : What a lady like me doin’in a joint like this. Felicity Lott, soprano ; Graham Johnson, piano.

Femmes déchues et épouses vertueuses

Dame aime le théâtre de La Monnaie de Bruxelles et le public le lui rend bien. En effet, depuis l’ère Mortier, la chanteuse britannique est une fidèle des planches bruxelloises que ce soitpour Capriccio, le Chevalier à la rose, les Noces de Figaro sans oublier ses prestations et son enregistrement de Louise de Gustave Charpentier (pour le label Erato avec les légendaires Rita Gorr et Ernest Blanc mais malheureusement avec la chape de plomb du chef d’orchestre Sylvain Cambreling) ou en récital. Sa dernière apparition remontait à l’hiver 2001 où elle subjugua l’auditoire par une extraordinaire incarnation de La maréchale du Chevalier à la rose.

est une artiste d’une grande exigence qui sélectionne ses programmes avec une très grande rigueur. Ce soir, pas de grands cycles, mais un itinéraire qui dresse un portrait des femmes déchues et des épouses vertueuses à travers 28 pièces de 23 compositeurs différents, de Haydn à Murray Grand. Un voyage polyglotte puisqu’elle chante en français, allemand et anglais. Outre la qualité musicale et le timbre toujours adéquat de la chanteuse, il faut se pâmer devant une prononciation exceptionnelle qui permet à l’oreille de se régaler de chaque mot.

Le contenu des œuvres est plus une éloge du libertinage et de l’infidélité qu’une liste exhaustive des épouses vertueuses ou des femmes déchues. On est ainsi frappé qu’à toutes les époques, les compositeurs aient su profiter de la libération des mœurs pour faire passer leurs messages. Notons aussi qu’à chaque sujet les créateurs ont apporté des réponses correspondant à leur sensibilité : on retrouve l’humour de Mozart avec un désopilant Die Alte chanté sur une voix geignarde ou l’ambiguïté sexuelle de Britten avec l’histoire de Polly Oliver qui s’habille en homme pour soigner le soldat qu’elle aime.

Ce parcours très diversifié pourrait vite devenir lassant si l’artiste n’y mettait pas tous ses talents de chanteuses mais surtout d’actrice puisqu’elle s’investit comme personne pour donner du sens à ces paroles. Ainsi pour Die Alte de Mozart, elle utilise un calepin et des binocles pour renforcer les aspects comiques de la pièce. Il faut également saluer la prestation de Grahman Johnson, accompagnateur émérite du monde lyrique qui réussit à se mouvoir dans des styles aussi différents et à faire ressortir la classe de Haydn, la noblesse de Schumann ou le coté mauvais garçon de Kurt Weill. Un immense succès public vient récompenser la chanteuse qui se lance dans trois bis : « Gehen wir ein Chambre séparée » extrait de Das Opernball de Heuberger, l’évident « Que les hommes sont bêtes » de L’Amour masqué d’André Messager et une chanson populaire anglaise arrangée par Britten.

Crédit photographique : © : DR

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Bruxelles. Théâtre royal de la Monnaie. 10-VI-2005. « Femmes déchues et épouses vertueuses ». Kurt Weill (1900 – 1950) : Nanna’s Lied, prologue ; FranzJosef Haydn (1732-1809) : Die zu späte Ankunft der Mutter ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) : Die Alte ; Robert Schumann (1810 – 1856) : Lieder der Braut II ; Johannes Brahms (1833 – 1897) : Mädchenlied ; Hugo Wolf (1860 – 1903) : Ich hab in Penna ; Richard Strauss (1864 – 1949) : Drei lieder der Ophelia, op 67 : Wie erkenn ich meinTreulieb von andern nun ?, Guten morgen, es ist Sankt Valentinstag, Sie trugen inh auf der Bahre bloss : Herbert Hughes (1882-1932) : I know where I’m going ; William Walton (1902 – 1983) : Wapping Old Stairs ; Arthur Bliss (1891 – 1975) : The return from Town ; Benjamin Britten (1913-1976) : Sweet Polly Oliver ; Kurt Weill (1900-1950) : Und was Bekam des Soldaten Weib ? Here I’ll stay ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Une sainte en son auréole ; Albert Roussel (1869-1937) : Réponse d’une épouse sage ; Henri Duparc (1848 – 1933) : Au pays se fait la guerre ; Noël Coward (1899-1973) : Spinning Song ; Alice is at it again, A bar at the Piccola Marina ; Francis Poulenc (1899-1963) : La dame de Monte Carlo ; Reynaldo Hahn (1875-1947) : C’est très vilain d’être infidèle ; Oscar Strauss (1870-1954) : Warum soll eine Frau kein Verhältnis haben ? ; Murray Grand (1919) : What a lady like me doin’in a joint like this. Felicity Lott, soprano ; Graham Johnson, piano.

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