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Giorgia Milanesi, soprano authentique

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Difficile de ne pas succomber au charme de . Elle a chanté elle aussi sous la direction de René Jacobs. C’était à La Monnaie de Bruxelles en avril et mai 2004, Alessandro dans l’Eliogabalo de Cavalli (Venise, 1668). Georgia Milanesi y offrait dans ce rôle initialement conçu pour un castrat, son timbre sombre, pour incarner le jeune empereur Alexandre qui sera à la fin de l’ouvrage couronné Empereur. Elle fut aussi sous la baguette de Paul Dombrecht, Ismène dans Antigonade Traetta, également à Bruxelles (mars 2003). Travail du texte autant que de la ligne vocale, tout doit servir, selon l’orthodoxie de la secunda prattica, l’intelligibilité agissante du texte. Et la jeune soprano italienne qui vit près de Rome, montre une exceptionnelle implication à restituer l’expressivité des partitions qu’elle a choisi d’aborder au IXème Festival de Cordon, où nous l’avons rencontrée.

« Je suis très soucieuse d’exprimer la charge et l’intensité émotionnelle des textes. »

ResMusica : Quel rôle affectionnez-vous particulièrement ?

 : Ceux qui me permettent d’être authentique et en accord avec moi-même. Je suis très soucieuse d’exprimer la charge et l’intensité émotionnelle des textes.

RM : Que pensez-vous d’un festival comme Cordon ?

GM : Le lieu est magnifique et le public très chaleureux. Sur le plan artistique, Christian Chorier sait instaurer un climat de parfaite complicité entre nous. Il devient naturel de le suivre dans les choix musicaux qu’il nous propose. Travailler Peri, Purcell et Monteverdi avec Ophélie Gaillard et l’ensemble Pulcinella nous apporte beaucoup. C’est une expérience exceptionnelle.

RM : Parmi les chefs italiens de la nouvelle génération, quels seraient ceux avec lesquels vous aimeriez travailler ?

GM : Ottavio Dantone et Attilio Cremonesi.

RM : Votre sœur Raffaella, également soprano, chante comme vous, le répertoire des héroïnes baroques. Avez-vous déjà chanté ensemble ?

GM : Raffaella qui est ma sœur jumelle, a un timbre de soprano plus clair. Cela nous permet d’aborder des rôles différents et de jouer bien sûr, sur la proximité de nos timbres, tout en soignant leurs particularités. A Bruxelles, dans Antigona de Traetta, nous avons chanté ensemble. Raffaella dans le rôle-titre, et moi dans celui d’Ismene. L’expérience était stimulante car dans l’opéra, il s’agit aussi de deux sœurs. Aujourd’hui, nous aimerions poursuivre ce travail et rencontrer un chef ou un metteur en scène qui pourraient nous permettre de chanter en prenant appui sur la gémellité et la singularité de nos voix. L’opéra baroque, grâce à ses rôles travestis ou ceux initialement écrits pour les castrats, offre de nombreuses possibilités.

RM : Quels sont vos projets et aurons-nous la chance de vous applaudir bientôt sur une scène française ?

GM : Je prépare une prochaine production de l’Incoronazione di Poppea de Monteverdi sous la direction de Christophe Rousset, en avril 2006 au Capitole de Toulouse. J’y chanterai Damigella, avec à mes côtés Raffaella (Valetto). Nous chanterons aussi toutes deux à Poissy, début 2006, à l’invitation de Christian Chorier, dans un récital spécialement conçu pour nos deux voix. Nous sommes donc exaucées !

Crédits photographiques : © Cordon

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