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Riccardo Muti dirige le Philharmonia Orchestra

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Luxembourg, Philharmonie. 11-IX-2005. Gioachino Rossini (1792-1868) : Guillaume Tell : Ouverture ; Ferruccio Busoni (1866-1924) : Turandot-Suite Op. 41 (extraits) ; Johannes Brahms (1833-1896) Symphonie n°2 en ré majeur, Op. 73. Philharmonia Orchestra, direction : Riccardo Muti.

Avec sa nouvelle Philharmonie, dessinée par Christian de Portzamparc, la ville de Luxembourg s’est dotée d’une salle de concert de standing international, que pourraient envier plusieurs capitales européennes. Inauguré au mois de mai dernier par l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg qui y a établi sa résidence, cet édifice aux lignes légères et élégantes se dresse dans le quartier européen, un peu à l’écart du centre ville. L’auditorium est d’une grande sobriété, à part les balcons qui sont placés assez spectaculairement dans quatre tours de chaque côté du parterre, et jouit d’une acoustique fine, précise et brillante, mais qui manque peut-être un peu de rondeur. La salle a fait le plein pour ce premier concert de sa première saison, avec la venue de , l’un des derniers chefs charismatiques de notre époque, dirigeant le réputé dans un répertoire de parade.

Première œuvre au programme : une ouverture de Guillaume Tell de Rossini idéalement théâtrale, d’une précision rythmique magistrale, et dont la coda au tempo électrique est menée avec une virtuosité éblouissante. Les solistes de l’orchestre se distinguent : cor anglais, flûtes traversières, et surtout les violoncelles, emmenés par un chef de pupitre, David Watkins, particulièrement inspiré dans l’introduction. La Turandot-suite de est une œuvre que Muti possède à son répertoire depuis très longtemps, elle lui permet de faire admirer la complicité qui l’unit à l’orchestre londonien, dont il fut directeur musical dans les années 70. Cette complicité permet au maestro italien d’obtenir de son orchestre des sonorités d’une rare beauté, et des coloris absolument somptueux.

Avec la deuxième Symphonie de Brahms, le bonheur et le plaisir de diriger de Muti sont audibles et évidents. Le premier mouvement est à lui seul un enchantement : clarté des textures, mœlleux des sonorités, souplesse et sensualité des phrasés, thèmes qui vibrent et chantent avec poésie et douceur : un Brahms éminemment latin, ce n’est pas une surprise de la part d’un chef napolitain, mais aussi parfaitement bien construit, rigoureux et patient. Après un adagio extrêmement concentré, au lyrisme légèrement teinté d’amertume, comme quelques nuages se dissipant sur un ciel azuré, l’allegretto grazioso est détendu et espiègle, avec ses violons vivaces et ses bois au charme printanier. Quant au final, il est rayonnant de joie, et débordant de tendresse, de vitalité et d’énergie.

La performance du Philharmonia Orchestra est remarquable tout au long du concert, avec des solistes éblouissants, et un jeu d’ensemble parfaitement mis en place, seul petit reproche : des violons aux sonorités un peu minces et aux couleurs pas tout à fait assez riches pour Brahms. L’orchestre est visiblement très heureux d’être dirigé par un chef qui l’inspire autant, et les applaudissements que Muti reçoit de ses musiciens semblent lui faire autant plaisir que les acclamations des mélomanes. En bis, il offre au public luxembourgeois dont il faut souligner les mérites, attentif et respectueux, et sans personne pour déserter la salle la dernière note à peine jouée, une ouverture de la Forza del destino passionnée et vibrante, tendue à craquer, digne apothéose d’un superbe concert.

Prochain orchestre invité de marque à la Philharmonie de Luxembourg : le Cleveland Orchestra et son directeur Franz Welser-Möst les 21 et 22 octobre. Au programme du vendredi : Chamber Symphony Op. 2 de Thomas Adès et Symphonie n°9 de Mahler, le samedi : Turangalîla-Symphonie de Messiaen.

Crédit photographique : DR

Ferrucio Busoni

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Luxembourg, Philharmonie. 11-IX-2005. Gioachino Rossini (1792-1868) : Guillaume Tell : Ouverture ; Ferruccio Busoni (1866-1924) : Turandot-Suite Op. 41 (extraits) ; Johannes Brahms (1833-1896) Symphonie n°2 en ré majeur, Op. 73. Philharmonia Orchestra, direction : Riccardo Muti.

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