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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. 14-IX-2005. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 2 « Auferstehung ». Amanda Roocroft, soprano, Birgit Remmert, alto. Chœur Symphonique de Namur, renforcé par des membres du Chœur de la Monnaie (chef des chœurs : Denis Menier) Orchestre du Festival de Budapest, direction : Iván Fischer

Un peu trop beau pour être honnête

Décidément, le KlaraFestival peine à remplir le Palais des Beaux Arts de Bruxelles, et on comptait de nombreux sièges vides ce soir dans les travées de la salle Henry Lebœuf. L’affiche était pourtant alléchante, avec un chef et un orchestre à la réputation bien établie, dans une symphonie à grand spectacle de , un compositeur qui a l’habitude de faire recette en Belgique.

Ivan Fischer propose de cette symphonie « Résurrection » une interprétation très intéressante, axant son travail sur la sonorité orchestrale, avec des cordes aux couleurs chatoyantes, des bois aux timbres doux, très bien intégrés dans le tapis des cordes, des percussions feutrées, et des cuivres nuancés et fins, qui ne braillent pas. Le tout donne un ensemble léger, très aéré, jamais écrasant ni massif. Cette approche subtile convient particulièrement bien au deuxième mouvement Andante moderato, qui aura rarement sonné avec autant d’élégance chorégraphique et de charme viennois, les cordes montrant toute leur virtuosité dans des épisodes pizzicato époustouflants, les membres du Budapest Festival Orchestra ne sont pas recrutés parmi la crème des instrumentistes hongrois pour rien.

L’allegro maestoso initial est lui aussi très réussi, pris au premier degré, immédiat et sanguin, les épisodes s’enchaînant avec naturel. Les deux mouvements suivants marquent les limites de cette vision élégante et sensuelle, le scherzo manquant de hargne et de démesure dans les passages tragiques, et Urlicht semblant bien prosaïque, à l’image du chant propret mais sans âme de Birgit Remmert. La beauté plastique de l’exécution, superbement mise en place, n’est pas en cause, mais cet orchestre raffiné et châtié sonne souvent un peu trop joli pour être réellement mahlérien.

Heureusement, le final renoue avec la réussite des premières parties : ample et joyeux, vibrant et enthousiaste, il bénéficie pleinement des interventions d’un Chœur Symphonique de Namur très sûr, du chant engagé d’, remplaçant Lisa Milne indisposée, et d’une Birgit Remmert nettement plus concernée que dans Urlicht, le tout soutenu par un orchestre, répétons-le, absolument remarquable.

Ivan Fischer est un chef très intéressant à regarder, il place ses musiciens dans des conditions de sécurité idéales par la précision de sa baguette et le soin qu’il met à traduire ses intentions musicales dans sa gestuelle. Il gagnerait à creuser un peu plus ses interprétations mahlériennes, mais ce concert fut néanmoins d’un excellent niveau d’ensemble.

Crédit photographique : Joost van Velsen

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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. 14-IX-2005. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 2 « Auferstehung ». Amanda Roocroft, soprano, Birgit Remmert, alto. Chœur Symphonique de Namur, renforcé par des membres du Chœur de la Monnaie (chef des chœurs : Denis Menier) Orchestre du Festival de Budapest, direction : Iván Fischer

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