Concerts, La Scène, Musique symphonique

Nikolai Lugansky / Kurt Masur : Choc des Titans

Plus de détails

Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 10-XI-2005. Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Capriccio italien op. 45 ; Concerto pour piano n°1 en si bémol majeur op. 23 ; Symphonie n°2 en ut mineur op. 17 « Petite Russienne ». Nikolai Lugansky, piano. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

doit être expert en débouchage de bouteilles de champagne (il faudrait l’inviter à une prochaine réunion de rédaction de ResMusica rien que pour ça) : « son » Capriccio italien pétille comme un excellent mousseux, et en plus il ne risque pas de donner le tournis ou la gueule de bois. Une bonne mise en bouche avant le Concerto n°1 avec . On ne présente plus ce pianiste, et tous les superlatifs du dictionnaire ont été utilisés pour le qualifier. Son jeu franc et massif écrase littéralement cette œuvre mastodonte, longue, difficile et souvent bien peu valorisante pour le soliste. Car dans ce concerto l’orchestre n’accompagne pas, il dialogue sur un même pied d’égalité. L’équilibre est délicat à obtenir, mais ce soir nous étions en présence de deux monstres sacrées de la même espèce, une aide non négligeable pour une compréhension commune de l’œuvre. En bis après un (logique) triomphe, tout à la fois du public et de l’orchestre, Lugansky offrait un prélude de Chopin qui par son économie de moyens contrastait agréablement avec le concerto qui le précédait.

La Symphonie n°2 qui terminait ce concert était du même acabit : orchestre irréprochable et virevoltant (y compris Masur lui-même dans le Presto final), excellente tenue de l’ensemble avec une articulation précise des plans sonores. Aucune lourdeur, aucune mièvrerie, juste ce qu’il faut de pathos et parfois de pesanteur dans les moments les plus dramatiques, sans excès. L’alchimie entre Tchaïkovski et le chef d’orchestre fonctionne tellement bien que chef et musiciens (qui ont refusé de se lever pour laisser les applaudissements à leur directeur musical) ont gratifié le public d’un Presto final supplémentaire.

Cette série Tchaïkovski par Masur et le National s’annonce sous les meilleurs augures. Rendez-vous les jeudi 17, mardi 22 et vendredi 25 novembre prochain dans ce même théâtre.

Crédit photographique : © Arte 2005

Plus de détails

Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 10-XI-2005. Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Capriccio italien op. 45 ; Concerto pour piano n°1 en si bémol majeur op. 23 ; Symphonie n°2 en ut mineur op. 17 « Petite Russienne ». Nikolai Lugansky, piano. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.