Concerts, La Scène, Musique symphonique

Un concert qui laisse sur sa faim…

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 10-XI-2005. Olivier Messiaen (1908-1992) : Les offrandes oubliées, méditation symphonique ; Richard Strauss (1864-1949) : Mort et Transfiguration, poème symphonique, op. 24 ; Antonin Dvoràk (1841-1904) : Symphonie n° 9 « Du Nouveau Monde », op. 95. New York Philharmonic, direction : Lorin Maazel .

Le au Bozar

Dans le cadre de son cycle prestigieux « European Gala Concert », le Palais des Beaux-Arts convie l’un des plus anciens orchestres américains – et sans doute l’un des meilleurs. Sous la direction du chef mythique , le nous offre un programme de premier plan.

Les Offrandes oubliées est une des premières compositions pour orchestre de Massiaen. Parmi les éléments caractéristiques de cette œuvre, retenons principalement la couleur, les chants d’oiseaux, les rythmes indiens et les modes à transposition limités. Cette courte méditation symphonique, en trois parties, fut créée en 1931 et arbore une dimension liturgique évidente qui est bien connue chez . Les trois mouvements sont traversés par un même motif, dont le rôle est de faire le lien entre la crucifixion et la communion des hommes au corps du Christ. La fin des Offrandes oubliées laisse le public béat, au point qu’il se demande s’il faut applaudir ou pas …

Sans transition, nous retrouvons une figure de proue du romantisme, , avec son poème symphonique Tod und Verklärung (Mort et Transfiguration). Contrairement à certains autres poèmes symphoniques de Strauss, il ne fait pas appel au « super orchestre symphonique », aux effets parfois pompeux qui déplaisent parfois. Le programme relate la lutte contre la mort d’un homme à l’agonie, perdu dans ses souvenirs, et en quête d’accomplissement. S’avouant vaincu, l’homme s’effondre et c’est alors que vient la délivrance, la transfiguration attendue. L’œuvre s’articule en deux mouvements, précédés d’une introduction. Tout au long de cette première partie, l’orchestre semble être en plein « jet-flag » : les cordes ne sont pas des plus sonores, l’orchestre manque de chaleur et ne restitue pas la sonorité qu’on lui connaît habituellement. Le chef, assez peu inspiré, éprouve beaucoup de mal à motiver ses troupes, malgré sa direction extrêmement précise. Seuls les cuivres font preuve d’une énergie canalisée, sans jamais vraiment forcer. Le flûtiste tire très bien son épingle du jeu avec un son lumineux et charmeur. Techniquement, l’orchestre est irréprochable ; mais il manque cruellement de cette passion, de ce feu sacré qui pourraient si bien servir . A moins de faire preuve d’une imagination débordante, il est difficile de ressentir la lutte contre la mort, si caractéristique à l’œuvre.

Après une première partie en demi-teinte, l’orchestre se réveille peu à peu, pour nous donner une version de la célébrissime Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak. Le chef fait bien ressortir le caractère « américain » du thème initial et nous plonge dans une ambiance mouvementée ou nous pouvons ressentir l’émerveillement du nouveau venu dans cette vie animée américaine. Le Largo ne nous plonge pas vraiment dans l’ambiance décrite dans la scène funérailles dans la forêt du poème de Longfellow dont Dvorak s’est inspiré. A la façon de Beethoven, le Scherzo s’élance afin de retrouver l’ambiance fiévreuse du premier mouvement et conclut le concert avec l’allegro con fuoco si connu de l’assemblée. Malgré un programme alléchant et un orchestre d’un tel renom, nous restons un peu sur notre faim. nous a habitué à beaucoup mieux.

Crédit photographique : © DR

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 10-XI-2005. Olivier Messiaen (1908-1992) : Les offrandes oubliées, méditation symphonique ; Richard Strauss (1864-1949) : Mort et Transfiguration, poème symphonique, op. 24 ; Antonin Dvoràk (1841-1904) : Symphonie n° 9 « Du Nouveau Monde », op. 95. New York Philharmonic, direction : Lorin Maazel .

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