Concerts, La Scène, Musique symphonique

Coopération transfrontalière

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Enghien, Eglise Saint Nicolas. 13-XI-2005. Johannes Brahms (1833-1897) : Rhapsodie pour contralto, chœur d’hommes et orchestre op. 53 ; Ein Deutsches Requiem op. 45. Martine Gaspar, alto ; Isabelle Debaere, soprano ; Michel Jakobiec, baryton. Chœurs A travers Chants et Le Cercle Royal Tornacum de Tournai (chef de chœur : Michel Jakobiec), Chœurs d’Enghien (chef de chœur : Michel Van Den Bossche) ; Orchestre de Douai, direction : Stéphane Cardon.

au festival d’Enghien

Rencontres Musicales Internationales d’Enghien, Printemps Musical de Silly, Festival d’Enghien, l’offre musicale est abondante dans cette partie du Hainaut, aux confins de la Flandre orientale et du Brabant wallon.

L’Orchestre de Douai et plusieurs chorales belges ont uni leurs forces pour présenter ce programme Brahms à Enghien, où il constituait le concert le plus ambitieux du Festival, début d’une tournée transfrontalière qui devait mener les musiciens à Douai, Cambrai et enfin Tournai. Le concert débute par une très belle Rhapsodie pour contralto, chantée avec chaleur et engagement par la liégeoise Martine Gaspar, une vraie voix sombre d’alto, au timbre velouté et au grave substantiel, mais au souffle un peu court, et à l’aigu pas toujours sous contrôle. dirige avec sensualité, obtenant une pâte orchestrale assez lourde, mais onctueuse et tendre. Le chœur d’hommes n’est pas au même niveau, massivité, timbres râpeux, nuances absentes : une prestation peu convaincante, qui rend pénible la fin de cette œuvre.

Dans le Requiem allemand, la conception du chef est fortement influencée par la taille du chœur, plus de 150 personnes, ce qui l’oblige à prendre son temps et à jouer la carte d’un cérémonieux monumental et opulent. assume très bien cette option, animant le discours avec un art consommé du rubato et des phrasés amples et chaleureux, et l’orchestre, très bien préparé, répond à ses sollicitations avec franchise et discipline, et quelques solistes sont remarquables : cor, flûte et hautbois particulièrement. Réunion de trois ensembles originaires de Tournai et d’Enghien, le chœur est composé d’amateurs à la moyenne d’âge assez élevée, et on ne peut évidemment pas en attendre le degré de perfection d’un ensemble professionnel : les timbres sont assez revêches et pas très homogènes, le chant piano est malhabile, et les attaques sont peu précises. Ce chœur nous vaut des moments assez difficiles dans les mouvements les plus intérieurs et fragiles, le premier et le dernier surtout où le manque de nuances et de simple beauté sonore se fait cruellement sentir. Dans les mouvements les plus démonstratifs par contre, « Denn alles Fleisch, est wie Grass » implacablement scandé ou encore « Denn wir haben hie keine bleibende Statt », on obtient des effets de masse assez saisissants et très convaincants, grâce au poids vocal du chœur, à sa discipline, à sa ferveur et à sa puissance, et les fugues sont d’une clarté étonnante pour un ensemble de cette taille.

Les deux solistes réalisent une prestation très honnête mais sans grand relief : Michel Jakobiec est un baryton au chant stylé, éloquent et bien projeté, mais au timbre gris et court d’aigus. Isabelle Debaere n’est pas non plus inoubliable : le timbre n’est pas assez transparent, et le chant trop ampoulé, pas assez simple pour rendre le caractère consolateur et un peu irréel de son aria.

Le public est venu en nombre et a aussi participé à sa manière (discrétion et attention), au succès d’un concert finalement très attachant malgré ses imperfections.

Crédit photographique : © DR

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Enghien, Eglise Saint Nicolas. 13-XI-2005. Johannes Brahms (1833-1897) : Rhapsodie pour contralto, chœur d’hommes et orchestre op. 53 ; Ein Deutsches Requiem op. 45. Martine Gaspar, alto ; Isabelle Debaere, soprano ; Michel Jakobiec, baryton. Chœurs A travers Chants et Le Cercle Royal Tornacum de Tournai (chef de chœur : Michel Jakobiec), Chœurs d’Enghien (chef de chœur : Michel Van Den Bossche) ; Orchestre de Douai, direction : Stéphane Cardon.

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