Concerts, La Scène, Musique symphonique

Couleurs, contrastes et complicité

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 22-XI-2005. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1993) : Ouverture solennelle « 1812 » op. 49 ; Concerto pour violon en ré majeur op. 35 ; Symphonie n°4 en fa mineur op 36. Sarah Chang, violon. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

et l’, cycle Tchaïkovski

Ce mardi 22 novembre, jour de la Sainte-Cécile, le Théâtre des Champs-Élysées pouvait se féliciter d’avoir célébré dignement la patronne des musiciens. Dans le cadre du cycle Tchaïkovski, l’ sous la direction de nous proposait, pour débuter la soirée, l’Ouverture solennelle «1812 », partition peu jouée, mais dont le caractère historique a assuré la postérité. Cette fresque bariolée, juxtaposant diverses scènes (dont Chostakovitch sut se souvenir) évoque la lutte victorieuse des Russes contre l’invasion de la Grande Armée sous les ordres de Napoléon 1er, lors de la campagne de 1812. a su transmettre au public, de manière admirable, le côté narratif de l’œuvre en jouant sur les contrastes. Ainsi, les cuivres éclatants évoquaient les fanfares, le lyrisme mélancolique des cordes brossait une Russie délicate alors que l’évocation répétitive de la Marseillaise, majestueuse et précise signalait à l’auditeur la présence de l’envahisseur.

Ainsi cette soirée russe débutait de façon très convaincante avant de laisser place au très attendu et très célèbre concerto pour violon. Très attendue également par le public, la jeune violoniste . Jeune, certes, mais pourvue d’une très grande maturité musicale. Dès les premières notes, elle a su imposer un rubato magique accentué d’un lyrisme soutenu, affirmant ainsi au public sa personnalité musicale, ses intensions mais aussi son très grand talent de soliste. Son violon parle avec l’orchestre et celui-ci est séduit. Tantôt enivrée par l’orchestre, tantôt maîtresse des lieux (dans la cadence par exemple) ; elle a transmis à ses auditeurs toute la nostalgie qui émane de la Canzonetta. Et si l’on eut souhaité un peu plus de puissance dans les épisodes virtuoses, la complicité magique qui régnait ce soir entre la violoniste et le chef nous fit vite oublier ces espérances techniques. Grâce à ce dialogue touchant, Kurt Masur et Sarah Chang sont parvenus à mettre ainsi en exergue, de façon légère et agréable, cette gracieuse touche de populaire et de tzigane qu’offre la partition.

En deuxième partie, l’orchestre national de France interprétait la Symphonie n°4. Toujours dans une exécution placée sous le signe du contraste, Kurt Masur a en modelé les moindres détails, sans ostentation, il a su merveilleusement bien souligner le rôle mélancolique du thème interprété tour à tour par les différents pupitres lors du deuxième mouvement. Quant au tutti, il était léger et formait une unité sonore très gracieuse. L’Orchestre National de France nous a transporté ce soir dans l’univers de Tchaïkovski, d’une fanfare majestueuse aux « arabesques capricieuses » du compositeur et ce concert ne pouvait pas mieux conclure que sur cette symphonie si inspirée.

Crédit photographique © Weeklypress

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 22-XI-2005. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1993) : Ouverture solennelle « 1812 » op. 49 ; Concerto pour violon en ré majeur op. 35 ; Symphonie n°4 en fa mineur op 36. Sarah Chang, violon. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

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