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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. 15-XII-2005. Franz Schubert (1797-1828) : Deutsche Tanzen, op. Post. D. 820 (orchestration de Anton Webern) ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violon en ré mineur, op. A. 23  ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°7 en la majeur, op. 92. Ning Kam, violon. SymfonieOrkest Vlaanderen, direction : Etienne Siebens.

et le SOV

Le (SOV) a connu un mois de décembre chargé, alignant huit concerts en dix jours, en alternant deux programmes différents. Ce concert au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, produit par le Davidsfonds (association culturelle flamande), proposait trois figures emblématiques de la musique romantique germanique : Beethoven, Schubert et Schumann.

Schubert a laissé de nombreuses pièces inédites, qui furent retrouvées par hasard longtemps après sa mort. La plus précieuse de ces exhumations fortuites est Le Quintette à deux violoncelles, un de ses plus hauts chef-d’œuvres. Les six Danses allemandes de ce soir ont dormi dans une bibliothèque de Vienne jusqu’en 1931. Destinées au piano par Schubert, elles ont été orchestrées par . Elles sont jouées par le SOV avec une énergie et une légèreté bienvenues, mais aussi avec une raideur assez cassante, le résultat sonnant très peu « viennois ».

Le Concerto pour violon de Schumann n’aura jamais la popularité de son Concerto pour piano, ni de ses homologues composés par Tchaïkovski, Beethoven ou Mendelssohn. L’œuvre est difficile, assez anguleuse, et ne ménage pas de grand passage de virtuosité qui permettrait au soliste de régaler l’auditoire, mais ses deux premiers mouvements sont très beaux : le premier puissant et orageux, ménageant de beaux passages lyriques, le deuxième, très court, d’une poésie troublante de simplicité. Le final est plus problématique, bâti sur un rythme fatigué de polonaise, il manque d’inspiration, de variété et d’énergie. C’est malgré tout une œuvre attachante, dont la légère gaucherie est typique de l’œuvre orchestrale de Schumann. Pour interpréter ce concerto, encore une soliste révélée par le Concours Reine Elisabeth, la violoniste singapourienne , deuxième lauréate en 2001. Le premier mouvement la montre assez timide et effacée, trouvant difficilement sa voie dans un orchestre touffu et bruyant. Le mouvement lent est beaucoup plus convaincant, le violon se fait rêveur, et met de la finesse et de la grâce dans son jeu. Elle attaque le lourd final avec courage et enthousiasme, et réussit à donner vitalité et souplesse à cette partition peu payante.

Le SOV et son chef , plutôt brouillons dans le concerto, reviennent métamorphosés dans une Symphonie n°7 d’une lisibilité parfaite et d’une énergie indomptable, certainement la meilleure symphonie de Beethoven que nous ayons entendue en concert depuis longtemps. Pour qualifier cette lecture, on n’emploiera pas des fadaises du genre « orchestre dégraissé » ou « tradition décapée », mais c’est un Beethoven rapide et acéré, précis et virtuose, sans prétention métaphysique qui est proposé là. Le premier mouvement est certes un peu rude etcogneur, mais la vigueur, l’enthousiasme donnés à cet allegro sont réjouissants, le résultat n’est jamais sec, et sonne toujours « musical » et chantant. Jouant presque sans vibrato, les cordes énoncent le thème de l’allegretto d’une manière crue et sans détours, rythmée et allante, ce qui donne un climat assez froid, légèrement clinique, mais qui se révèle à la longue sombre et pathétique, sans lourdeur et sans épanchement. Les choses se corsent dans le troisième mouvement : le double trio est bien trop rapide, et ne contraste pas assez avec le scherzo assez tonitruant qui l’encadre. Un vent de folie souffle sur l’allegro con brio final, pris à un tempo de feu, d’une tension phénoménale, ce mouvement est la digne apothéose d’un concert de très bon niveau, qui nous a permis de découvrir en Etienne Siebens un chef très intéressant, qui a une approche originale de Beethoven, et qui a les moyens de ses idées.

Crédit photographique : © DR

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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. 15-XII-2005. Franz Schubert (1797-1828) : Deutsche Tanzen, op. Post. D. 820 (orchestration de Anton Webern) ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violon en ré mineur, op. A. 23  ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°7 en la majeur, op. 92. Ning Kam, violon. SymfonieOrkest Vlaanderen, direction : Etienne Siebens.

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