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Taillé dans le granit : Kullervo par Sir Colin Davis

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Jean Sibelius (1865-1957) : Kullervo op. 7. Peter Mattei, baryton ; Monica Groop, mezzo-soprano ; London Symphony Chorus, London Symphony Orchestra, direction : Sir Colin Davis. 1 SACD LSO Live. Référence : LSO0574. Enregistré en public au Barbican Center de Londres en septembre et octobre 2005. Notice en : anglais, français et allemand. Livret en : finlandais et anglais. Durée : 72’12

 

lso_kullervo-300x300Sir aime  ! Il est l’auteur de deux intégrales de ses symphonies : la première enregistrée dans les années 1970 avec le Boston Symphony Orchestra pour le label Philips et la seconde captée avec ce même pour la firme RCA. Mais sa passion pour le maître finlandais est telle qu’il a souhaité, dans le cadre du label autoproduit de l’orchestre britannique, remettre sur le métier quelques symphonies (le mélomane peut déjà acquérir deux albums qui regroupent les symphonies n° 3, 5, 6 et 7). Ce n’est pourtant que la seconde fois que le chef d’orchestre anglais se frotte à Kullervo (le précédent enregistrement complétait sa seconde intégrale). En effet, cette partition de jeunesse hybride se situe quelque part entre la symphonie, le poème symphonique et la cantate dramatique. Chef d’œuvre d’un compositeur de vingt-six ans, elle rencontra un immense succès lors de sa création. Pourtant, Sibelius, éternel insatisfait en interdit toute exécution un an plus tard. Inspirée par le légendaire mythe finlandais du Kalevala, cette musique est d’une haute inspiration. Sans faiblesse ni temps mort, elle nous emporte dans cette épopée admirablement suggérée par l’orchestration. Si l’œuvre doit encore de nombreux éléments à Tchaïkovski et à Bruckner (dont Sibelius admira la Symphonie n°3 lors de ses études au conservatoire de Vienne), la partition présente déjà les caractéristiques du génie sibélien : sens de la progression, climats tendus à l’extrême et couleurs suggestives et vibrantes.

Jusqu’à présent, l’assez réduite discographie était dominée par les enregistrements de Paavo Berglund et de l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki (EMI) et par celui de Paavo Jarvi avec la Philharmonie Royale de Stockholm (Virgin). Ce nouvel enregistrement s’inscrit aux côtés de ces deux disques et tire un trait sur le peu convainquant premier essai de Sir . Aidé par un aux timbres mats et à la dynamique percussive, le chef britannique sculpte une interprétation d’une dramatique noirceur. Narratif dans les mouvements didactiques que sont l’Introduction et La jeunesse de Kullervo, le maestro est incisif dans les parties épiques comme Kullervo se rend au combat et La mort de Kullervo. Dans l’imposant et introspectif Kullervo et sa sœur, le chef tend au maximum l’orchestre et crée de véritables lames de fond qui illustrent le funeste destin du héros finnois. Les deux solistes, et Monica Group ainsi que le London Symphony Chorus, sont au diapason pour nous livrer l’un des disques les plus essentiels à l’art de .

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Jean Sibelius (1865-1957) : Kullervo op. 7. Peter Mattei, baryton ; Monica Groop, mezzo-soprano ; London Symphony Chorus, London Symphony Orchestra, direction : Sir Colin Davis. 1 SACD LSO Live. Référence : LSO0574. Enregistré en public au Barbican Center de Londres en septembre et octobre 2005. Notice en : anglais, français et allemand. Livret en : finlandais et anglais. Durée : 72’12

 
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