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A la découverte de Max Bruch

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Max Bruch (1838-1920) : Moses. Peter Lika, Moses ; Birgitte Christensen, Un ange  ; Stefan Vinke, Aaron. Kantorei Maulbronn, Philharmonie de chambre de St-Pétersbourg, direction : Jurgen Budday. 2 CD K&K Verlangsanstalt KUK 96. Enregistré en public les 19 et 20 juin 2004 au Monastère de Maulbronn. Notice en anglais et allemand. Durée : 121’.

 

A la découverte de Max BruchDans sa série consacrée à la musique vocale, le label K&K Verlangsanstalt propose essentiellement une suite d’oratorios de Haendel, mais également d’autres œuvres chorales, dont cet enregistrement, comme toujours en public, de l’oratorio Moses de .

Souvent présenté comme un sous-Brahms, Bruch a composé un catalogue assez imposant, dont on ne joue plus grand-chose, à part son célèbre Concerto pour violon n°1, Kol Nidrei, ses Pièces pour alto, clarinette et piano et éventuellement ses symphonies. Bruch n’est certes pas un génie impérissable, et on peut avoir une vie musicale pleinement épanouissante sans connaître aucune de ses œuvres, mais sa musique témoigne d’un métier très sûr, d’un beau sens mélodique et d’un talent assez remarquable d’orchestrateur. A côté de ces éminentes qualités, il faut quand même reconnaître que cette musique de bon faiseur est assez pompeuse et peine parfois à sortir de la dignité guindée et monumentale. Ce Moses s’écoute néanmoins avec beaucoup de plaisir, pour sa ferveur un peu naïve, et pour le traitement très travaillé des masses chorales. L’oratorio est divisé en deux parties, et présente quatre épisodes de la vie de Moïse : au Sinaï, le Veau d’or, le retour des espions du Pays de Canaan, l’arrivée en Terre promise.

L’interprétation de cet oratorio est soignée : l’orchestre russe recruté pour l’occasion se montre discipliné et professionnel, et le chef Jurgen Budday donne ampleur et profondeur à la partition, maniant avec beaucoup de métier les chœurs et soignant la mise en place des interventions solistes. La Kantorei Maulbronn est le chœur à grand effectif de l’abbaye, elle procure moins de satisfactions que le chœur de chambre qui nous avait ravi à l’écoute du Messie enregistré au même lieu : la discipline est bonne, l’enthousiasme est communicatif, mais les timbres sont plutôt quelconques, et ténors et sopranos ont une certaine tendance à brailler. Rien de rédhibitoire, mais on aimerait entendre une sonorité plus douce et homogène. Du côté des solistes, la meilleure impression est donnée par l’ange Birgitte Christensen, au timbre pur et cristallin, qui dispense des aigus éclatants et chante ses airs, qui sont certainement les meilleurs moments de la partition, avec une extase mystique très émouvante. La basse Peter Lika chante Moïse, d’une façon correcte mais poussive : la voix est fatiguée, l’émission est engorgée, et le timbre sonne creux, aussi creux que certains des longs récitatifs dont Bruch a gratifié le rôle-titre. a de la puissance et un timbre assez agréable, mais son vibrato chevrotant rend ses interventions assez fatigantes à la longue, d’autant plus que sa partie, très pontifiante, est celle dans laquelle Bruch s’est montré le moins inspiré.

En conclusion, ce disque présente dans des conditions satisfaisantes, une œuvre à l’intérêt inégal, dont les chœurs et les airs pour soprano valent largement la peine d’être entendus, mais dont le reste est plus discutable. Au lecteur de voir s’il se laissera tenter.

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