Mot-clef : Stefan Vinke

Oper Zürich - Parsifal - 2018
© Danielle Liniger

Parsifal à Zurich, Kundry et Gurnemanz

Une mise en scène trop clinquante laisse toute sa place à la musique - Nina Stemme et Christof Fischesser avant tout. Inscrire Parsifal dans le temps long de l’histoire allemande, en voilà une idée féconde. Stefan Herheim l’avait fait à Bayreuth en 2008, avec son goût coutumier pour la multiplication de détails signifiants ; Claus Guth ne s’en est pas privé pour cette production, créée à Barcelone puis à Zurich en 2011 ...
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Le monumental testament mahlérien de Lorin Maazel

Un témoignage grandiose sur Lorin Maazel, l'une des personnalités les plus fortes de la direction d'orchestre, disparue en 2014. Interprète longtemps discuté de la musique de Mahler, Lorin Maazel avait programmé les neuf symphonies dans un cycle marathon donné en 2011 à Londres avec le Philharmonia. C'est cet ensemble imposant, remarquable par sa qualité orchestrale et sonore autant que par sa conception très personnelle, que nous restitue l'éditeur Signum. Lorin Maazel a découvert ...
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Le Crépuscule des dieux à Bayreuth : le crépuscule des hommes

Le Crépuscule des dieux vu par Frank Castorf boucle en apothéose un Ring mémorable. Complexe souvent, stimulant toujours, sous haute tension intellectuelle, d’un esthétisme hypnotique, c’est le meilleur que Bayreuth a produit depuis Chéreau. Le Wotan de Castorf a créé l’homme à son image : brutal et instinctif. C’est probablement ce qu’un grand nombre de spectateurs ayant fait le pélerinage à Bayreuth n’accepte toujours pas. La gangrène Waelse a infecté Siegfried mais ...
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Siegfried à Bayreuth : Wotan en Allemagne

Wotan n’aura jamais aussi bien mérité le surnom de Wanderer qui est le sien dans la deuxième journée de la Tétralogie. Frank Castorf, après l’Amérique et la Russie, poursuit le trip inter-continental et envoie cette fois le dieu de Wagner entre les deux : entre l’Ouest et l’Est du Monde, dans les zones d’ombre d’une Allemagne d’avant la réunification. Un cran esthétique est franchi par le mémorable vivier d’images abrité dans ...
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La luxuriance et grandeur du Götterdämmerung de Frank Castorf

Brillante fin de parcours avec ce Götterdämmerung au plateau vocal superlatif, dirigé avec autorité par un Marek Janowski qui ne parviendra toutefois pas à faire oublier Kirill Petrenko. On a envie de voir dans le décor de ce Götterdämmerung par Aleksandar Denić, une forme d'hommage à la célèbre production Chéreau-Peduzzi de 1976. Entre le Berlin décati et lugubre de la division Est-Ouest et l'univers fin XIXe siècle lié à la révolution ...
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Mélancolie et séduction dans le Siegfried de Castorf à Bayreuth

Magistral Siegfried, en grande partie grâce à l'orchestre enfin révélé de Marek Janowski, parfaitement secondé par un plateau de haut niveau. On aurait pu croire le public "apprivoisé" à la présence des (trop) fameux crocodiles qui surgissent dans la conclusion de Siegfried sur l'Alexanderplatz ; il n'en est rien. Des hurlements haineux s'élèvent dès que le rideau se referme, agrémentés ici et là par des débuts d'échauffourées dignes des premières années ...
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Le Götterdämmerung de Kirill Petrenko : pour l’éternité

Clôture exceptionnelle pour ce Ring à Bayreuth  Quand le rideau s'ouvre, c'est au célèbre "Lasciate ogni speranza, voi che'ntrate" de l'Enfer de Dante auquel on pense. Avec Berlin comme métaphore et toile de fond, ce très littéral Crépuscule nous convie à une plongée dans les ruines de l'histoire et des illusions. Aleksandar Denić a imaginé un formidable décor tournant présentant sous trois angles une capitale allemande saisie entre la division est-ouest ...
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Siegfried onirique et désenchanté à Bayreuth

Cette troisième journée à Bayreuth marque une évolution vers davantage de prolixité de détails, à la hauteur de la complexité de la trame musicale. Cette partition de Siegfried est abondamment parcourue par des motifs dont la récurrence ne cherche pas à dissimuler le foisonnement et l'accumulation mémorielle. Frank Castorf rend parfaitement cette idée que l'auditeur qui cherche à pénétrer le Ring fait face à une forêt épaisse où signes et ...
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Création du Concerto pour deux pianos de Philippe Manoury au Festival Présences

Si le Festival Présences de Radio France réintègre cette année la capitale, il essaime encore ses grands concerts symphoniques dans plusieurs salles parisiennes avant la réouverture du Studio 104 de la Maison de Radio France prévue pour 2015. Après un premier concert d'ouverture avec le « National » au Théâtre du Châtelet, l'Orchestre Philharmonique était sur la scène de Pleyel pour une superbe soirée sous la conduite du très grand ...
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Les Stigmatisés à Cologne

Un homme, Alviano, difforme, laid, qui ne croit plus en l’amour ; une femme, Carlotta, jeune, mais malade, peintre qui pourtant ne croit pas en la beauté ; un homme enfin, Tamare, beau, noble, qui, lui, ne croit pas qu’une femme puisse le refuser – voilà les trois personnages principaux de l’opéra « Die Gezeichneten », « Les Stigmatisés », de Franz Schreker. Alviano s’éprend de Carlotta qui semble voir l’être humain derrière la silhouette difforme. ...
Zerbinetta de feu

Jane Archibald, Zerbinetta de feu

Ariadne auf Naxos Lorsqu’un des rôles-clé est abandonné par sa titulaire, c’est la panique dans les rangs de la direction d’un théâtre. Trouver celle qui sera libre aux dates des représentations limite souvent le choix à un échantillon de cantatrices désœuvrées ou sans expérience. Ainsi lorsque la soprano Marlis Petersen, l’inoubliable Rossignol des Oiseaux de Walter Braunfels a déclaré forfait pour sa Zerbinetta genevoise, on imagine aisément l’agitation qui s’est propagée ...
Siegfried

Siegfried

Der ring des Nibelungen Pas de grasse matinée pour les wagnériens ce dimanche à Cologne, puisque dès dix heures, ils étaient conviés au théâtre pour Siegfried, un copieux petit déjeuner. Ce troisième volet nous semble le moins abouti de la série. Pourtant, scéniquement le début est réussi : le premier acte se passe dans une casse ou un camping désaffecté, avec une caravane au milieu des gravats, des bassines et des vieilles ferrailles. ...
Götterdämmerung

Götterdämmerung

Der ring des Nibelungen Le Ring en deux jours, c’est une épreuve pour les artistes bien sûr mais également pour les spectateurs. Heureusement, la direction de l’Opéra de Cologne bien a prévu pour les entractes et pour les intervalles entre les œuvres des salons de repos et un service de restauration. Scéniquement, ce Crépuscule des Dieux est encore de très bonne facture, et contient quelques scènes très réussies, dont le prologue, qui ...
A la découverte de Max Bruch

A la découverte de Max Bruch

Dans sa série consacrée à la musique vocale, le label K&K Verlangsanstalt propose essentiellement une suite d’oratorios de Haendel, mais également d’autres œuvres chorales, dont cet enregistrement, comme toujours en public, de l’oratorio Moses de Max Bruch. Souvent présenté comme un sous-Brahms, Bruch a composé un catalogue assez imposant, dont on ne joue plus grand-chose, à part son célèbre Concerto pour violon n°1, Kol Nidrei, ses Pièces pour alto, clarinette et ...
Sans chaleur et sans humanisme

Fidelio sans chaleur et sans humanisme

Dès que le rideau se lève, au milieu de l’ouverture, ce Fidelio nous plonge dans un univers de sang et de violence. Pendant que, devant à gauche, quelques prisonniers reçoivent à manger, à l’autre bout de la scène un corps est disséqué. Quelques moments plus tard, les hommes de Pizarro tuent froidement l’un des prisonniers. Un deuxième sera exécuté sur les ordres de Pizarro lui-même au moment de son grand ...

Arabellissima !

Dietfried Bernet / Brigitte Fassbaender Mise en scène par Brigitte Fassbaender et fabuleusement dirigée par un spécialiste de la musique viennoise (Dietfried Bernet), la nouvelle production d’Arabella à l’Opéra du Rhin réunit tous les talents et restera dans les annales. Vienne est sur le déclin en 1860, bien que l’empereur n’en soit pas encore conscient. Ses défaites militaires passées et à venir marquent la fin de l’hégémonie autrichienne. C’est à cette période ...