Le Quatuor Arditti au service de l’excellence

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Conlon Nancarrow (1912-1997) : Quatuor à cordes n°3 ; György Ligeti (né en 1923) : Quatuor à cordes n°2 ; Henri Dutilleux (né en 1916) : Quatuor à cordes « ainsi la nuit ». Quatuor Arditti : Irvine Arditti, Graeme Jennings, violon ; Ralf Ehlers, alto ; Rohan de Saram, violoncelle. 1 CD Wigmore Hall live. Référence : WH Live 0003. Enregistré en concert au Wigmore Hall de Londres, le 9 avril 1905. Livret de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 53’46.

 

Au service de l’excellenceExister au disque est un défi pour les artistes dans un contexte où l’économie culturelle est des plus moroses. Différents orchestres et artistes ont initié des labels autoproduits, mais pour la première fois, une salle de concert se lance dans l’aventure et fonde son propre canal de diffusion discographique. Construit en 1901 par la manufacture londonienne de piano Bechstein, le Wigmore Hall est l’une des salles les plus réputées pour la musique de chambre toute sa saison, sa scène voit défiler la crème des solistes et ensembles mondiaux. Dans le cadre de cette collection discographique, la salle londonienne nous présente le , l’un de ses plus fidèles invités. Commanditaire de plus d’une centaine d’œuvre de musique de chambre et auteur d’une incroyable discographie (plus de cent disques dont quarante-deux sous le label Naïve-Montaigne), la Rolls des formations spécialisées dans le répertoire contemporain, nous présente un véritable programme manifeste des possibilités de quatre instruments à cordes mis dans les mains de trois géants de notre époque.

Très impressionnant, le Quatuor n°3 de l’américain est une commande du . Cette musique en trois parties, âpre, tendue et violente semble explorer les possibilités et les limites du son. Dans les premier et dernier mouvements, les instruments entrent les uns après les autres, créant ainsi un sentiment de vide et d’abandon, et le mouvement lent, plutôt apaisé, évoque une musique nocturne et rêveuse.

Devenus de véritables « tubes » de la musique contemporaine, les quatuors de Ligeti ne cessent de fasciner. Le compositeur du Grand Macabre, en véritable sorcier des notes, malaxe la pâte sonore pour produire des effets dont lui seul a le secret. Ce Quatuor n°2 de 1968 est tantôt statique, tantôt haché, mais le résultat est toujours d’une infinie poésie. Même si la forme reste rigidement structurée, l’auditeur ressent une formidable liberté, à la limite de l’improvisation.

D’une autre esthétique, mais touchant au sublime, le quatuor « ainsi la nuit » d’ (1973-1976) clôt en beauté ce parcours. D’un style et d’une finesse d’écriture digne des plus grands, cette musique s’affirme tant ensorceleuse que charmeuse. La transparence des lignes et des mélodies alliée à l’élégante maîtrise des formes créent force images lumineuses. Le savoir-faire et la maîtrise du quatuor Arditti rendent justice à ces différents styles et au final ce disque s’impose dans toutes les discothèques d’amateurs de quatuors.

Des informations sur la collection sont disponibles sur le site www. wigmore-hall. org. uk

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