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On a les mêmes à la maison

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Mons, Théâtre royal. 08-II-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Exultate Jubilate KV 165 ; Symphonie n°15 en sol majeur KV 124 ; Air de concert « Ah, lo previdi.. » KV 272 ; « In quali eccessi o numi.. » extrait de Don Giovanni KV 540c ; Air de concert « Misera, dove son ?.. » KV 369 ; Symphonie n°29 en la majeur KV 201. Arianne Douguet, soprano. Salzburg Chamber Soloists, violon et direction : Lavard Skou Larsen.

Réouverture du Théâtre Royal de Mons

Après plusieurs mois de travaux, le Théâtre Royal de Mons rouvrait en ce début de février avec des abords rajeunis et un intérieur rénové. Le résultat est réussi, lumineux et aéré, bien plus agréable que le trou lugubre qui servait auparavant de foyer. Il reste encore à refaire la salle proprement dite, dont on espère que l’acoustique sera améliorée, car elle est actuellement très floue et cotonneuse, certains instruments comme le hautbois étant difficilement audibles depuis certaines places.

Le concert de réouverture était dédié à Mozart, et permettait d’entendre les , ensemble fondé en 1991 par le violoniste Lavard Skou Larsen, et nommé « Orchestre ambassadeur de l’Autriche » pour cette année jubilaire. La soirée débute par le motet Exultate Jubilate, dans lequel la soprano Arianne Douguet ne se montre guère à l’aise : le timbre est d’une belle couleur sombre, mais ni très riche ni très homogène, l’émission est très nasale, l’aigu douloureux et sans éclat, et la vocalisation est artificielle et laborieuse. De plus, le célèbre Alléluia final est haché par un orchestre rustique et sans grâce. Dans « Ah lo previdi », la soprano est plus à son affaire, dans le récitatif et la première partie de l’air du moins, qu’elle aborde avec beaucoup d’engagement et un réel sens du texte. La seconde partie, une cavatine tendre et dépouillée, est moins heureuse : la ligne est assez chaotique, le timbre manque d’onctuosité, les changements de registre se font à l’arraché, et les graves flirtent trop souvent avec la justesse. Future Donna Anna dans le Don Giovanni de l’Opéra de Bordeaux en juin, Arianne Douguet décide pourtant de chanter l’aria de Donna Elvira « In quali eccessi, o numi.. ». C’est dans cet air qu’elle se montrera la plus convaincante : le récitatif est comme attendu engagé et théâtral, et dans l’air, elle fait preuve d’un abandon, d’une noblesse et d’une puissance qui rachètent largement ses quelques scories vocales. Même constat pour « Misera, dove son?… » : Peu de legato, un chant piano difficile et sans finesse, mais une implication, une flamme qui finissent par emporter l’adhésion, et des aigus percutants à défaut d’être très purs.

Les deux symphonies au programme de ce concert sont jouées avec distinction et élégance par les dirigés du violon par Lavard Skou Larsen. Les sonorités des cordes sont jolies mais assez standard, l’ambiance est sympathique, les accrocs sont rares, mais un certain manque d’implication et de personnalité trahit le concert fonctionnel de l’ensemble en tournée. Soirée agréable mais guère marquante cependant, et en voyant ce très bon petit orchestre, dirigé du violon, et jouant ce programme, on ne peut que se demander si l’Orchestre Royal de chambre de Wallonie, résidant à Mons, et dirigé par un mozartien de la trempe d’Augustin Dumay n’aurait pas fait tout aussi bien.

Credit photographique : © DR

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