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La musique inconnue de Émile Jaques-Dalcroze

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Émile Jaques-Dalcroze (1865-1950) : Janie ; 1914, Impressions Tragiques ; Tableaux Romands. Orchestre Symphonique de Moscou, direction : Adriano. 1 CD Sterling. Réf. : CDS-1065-2. Enregistré aux Studios Mosfilm (Russie) en août 2004. DDD. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 78’46

 

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Il fallait un bel aplomb pour promouvoir une musique inconnue comme le corpus orchestral du suisse Emile Jaques-Dalcroze. Sterling l’a fait! Et quelle merveilleuse réussite! Pourtant Jaques-Dalcroze est très loin d’être un total anonyme. Après des études musicales à Genève, Paris et Vienne, il devient professeur d’harmonie, compose de nombreuses chansons et surtout réalise des recherches sur la rythmique et l’expression corporelle qui aboutiront à la mise en place d’une méthode internationalement connue et reconnue. A contrario, sa musique orchestrale demeurait dans l’obscurité totale.

L’Orchestre Symphonique de Moscou, placé sous la direction d’, s’en donne à cœur joie et grâce à son engagement très pragmatique, d’une sensibilité immédiatement touchante, nous offre d’emblée un témoignage de référence. L’on s’immerge avec délectation au sein de ces pérégrinations intimistes. Jaques-Dalcroze écrit des partitions vivantes et charmantes, richement illustrées au plan mélodique, lumineuses au niveau des climats et des atmosphères. Janie, une Idylle musicale en trois actes, de 1894, propose un Prélude au grand raffinement thématique et aux timbres chaleureux, tandis que Danse Villageoise, un air de ballet de caractère ludique confirme la beauté et l’émotion rattachées à ces pages. Cette partition impressionna vivement Edvard Grieg lorsqu’il l’entendit au Théâtre de Genève en 1894. On écoutera avec un fort intérêt le poème symphonique 1914, Impressions Tragiques motivé par les évènements que l’on devine. Il y affiche un caractère plus grave, plus mélancolique s’achevant par l’intervention d’un chœur invitant la paix à s’imposer partout. Cet opus est une illustration du thème alors largement décliné, celui du combat opposant les forces de vie aux forces destructrices, tel que s’en empara, par exemple, Carl Nielsen, au Danemark, dans sa contemporaine Symphonie n° 4 « Inextinguible ». Quant aux Tableaux Romands, suite d’orchestre composée vers 1903-05, ils renferment des échos de Bruckner, qui fut un des maîtres de notre compositeur, lors de longues avancées sonores captivantes bien que de tonalité moins dramatique que chez le maître de Saint-Florian.

Une splendide invitation à repositionner Jaques-Dalcroze et ses compositions orchestrales. Ils méritent amplement les éloges que l’on vient de lire.

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Émile Jaques-Dalcroze (1865-1950) : Janie ; 1914, Impressions Tragiques ; Tableaux Romands. Orchestre Symphonique de Moscou, direction : Adriano. 1 CD Sterling. Réf. : CDS-1065-2. Enregistré aux Studios Mosfilm (Russie) en août 2004. DDD. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 78’46

 
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