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Johannes Brahms (1833-1897) : Sonates pour alto et piano op. 120 ; Paul Hindemith (1895-1964) : Der Schwandreher, concerto pour alto et petit orchestre d’après d’anciennes chansons populaires. William Primrose, alto ; Rudolf Firkušny, piano. Columbia Chamber Orchestra, direction John Pritchard. 1 CD Urania « Restored Masterworks » RM11. 927. Enregistré en 1952 et 1955. Mono ADD. Pas de notice. Durée : 61’07.

 

Composées en 1894, les Sonates pour alto et piano forment l’adieu de Brahms à la musique de chambre. Et quel adieu, mystérieux, déroutant par son caractère… solaire. A l’âge de léguer son testament musical, Brahms livre le chant d’un homme sans âge. Le légendaire altiste (1903-1982) et le pianiste de haute tenue Rudolf Firkušny (1912-1994) ne l’entendent pas autrement, dans cet enregistrement qui a la grandeur des classiques. Dans une lecture à la pointe sèche, sans attendrissement, leur vision est celle de la haute altitude, rude et lumineuse. On ne s’y acclimate pas tout de suite, il faut écouter et réécouter.

Vers la fin des années 1880, Brahms entendait arrêter la composition. La rencontre miraculeuse avec le clarinettiste Richard Muehlfeld et la beauté du jeu du musicien lui donna une nouvelle inspiration pour une série d’œuvres majeures de musique de chambre consacrée à la clarinette, à savoir le Trio pour piano, clarinette et violoncelle op. 114, Quintette pour clarinette et cordes op. 115 (1891) et enfin les Sonates op. 120 dont Brahms assura lui la transcription pour alto. Dans l’inévitable controverse arbitrant la version pour clarinette à celle pour alto, gageons que Primrose, célébré comme le grand altiste de sa génération pour son jeu chaleureux et intense, affectionnait particulièrement la version pour son instrument. Il en fit une de ses pièces maîtresses, les enregistrant en effet à trois reprises, en 1937 avec Gérald Moore, en 1946 avec William Kapell puis en 1952 avec Firkušny, à une époque où la multiplication des enregistrements studios d’une même œuvre était chose rare. La version de 1952 est d’une fermeté sans concession, elle réussit particulièrement à la Sonate n°1, qui accroche plus immédiatement l’oreille et transporte davantage que sa cadette.

La qualité d’inspiration baisse significativement avec Der Schwandreher (1935), le troisième concerto pour alto de , lui-même altiste très réputé. Mis à part les quelques instants de poésie lunaire de l’Andantino, on retrouve un Hindemith malheureusement assez habituel, qui compense l’absence d’inspiration par de la musique animée certes mais raide et vide. A la décharge d’Hindemith, la baguette sans magie de et la prise de son qui porte son âge ternissent les couleurs et le brillant de l’orchestration. Un bonus inessentiel, qui permet, par contraste de mieux apprécier la haute beauté des Sonates brahmsiennes.

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Johannes Brahms (1833-1897) : Sonates pour alto et piano op. 120 ; Paul Hindemith (1895-1964) : Der Schwandreher, concerto pour alto et petit orchestre d’après d’anciennes chansons populaires. William Primrose, alto ; Rudolf Firkušny, piano. Columbia Chamber Orchestra, direction John Pritchard. 1 CD Urania « Restored Masterworks » RM11. 927. Enregistré en 1952 et 1955. Mono ADD. Pas de notice. Durée : 61’07.

 
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