Banniere-clefsResMu728-90

Les Nagano virtuoses !

À emporter, CD, Musique symphonique

Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano n°2 en fa mineur op. 21 ; Carl Loewe (1796-1869) : concerto pour piano n°2 en la. Mari Kodama, piano. Orchestre National de Russie, direction : Kent Nagano. 1 SACD hybride Pentatone Classic PTC5186026. Enregistrement réalisé en la salle de concert du conservatoire de Moscou en février 2003. Notice (satisfaisante) en anglais, allemand et français. Minutage : 60’08.

 

Les Clefs Resmusica

Tandis que les grands majors du disque s’enlisent dans des productions ultra-commerciales d’un niveau parfois douteux, certains labels moins connus du grand public progressent sensiblement et parviennent à proposer des enregistrements associant un programme attractif à des interprètes de qualité. C’est le cas de Pentatone Classic, le label hollandais dont la dernière production avait déjà enthousiasmé nos collaborateurs (CD Chostakovitch chroniqué par notre collègue Pierre-Jean Tribot). C’est à nouveau l’ qui prend place devant les micros, tandis que Mikhail Pletnev cède sa baguette au talentueux , futur directeur-musical de l’Orchestre symphonique de Montréal et chef invité du New York Philharmonic.

Le programme de ce SACD présente le Concerto pour piano n°2 de Chopin, en réalité le premier dans l’ordre chronologique, mais qui a effectivement été édité plus tardivement. Une fois n’est pas coutume, celui-ci n’est pas couplé à son Concerto n°1 mais au Concerto n°2 de . Pour servir ces deux compositeurs, c’est Madame Nagano en personne qui s’installe au clavier. , formée par Germaine Mounier au Conservatoire National Supérieur de Paris, a déjà plusieurs enregistrements à son actif chez Pentatone Classic. Elle montre ici une très grande sensibilité, associée à une fraîcheur remarquable. Loin d’un esprit outrancièrement démonstratif que l’on pourrait retrouver dans la version Dutoit-Argerich, Kodama propose une lecture limpide et heureuse de l’œuvre de Chopin. Le Larghetto est sous ses mains d’une poésie infinie. soigne l’accompagnement de sa soliste et adopte un ton juste par rapport à cette partition romantique, évitant le piège du mièvre-sucré où tout aurait tendance à dégouliner… On regrettera uniquement que la prise de son, tellement flatteuse pour la pianiste, fasse autant d’ombre à l’orchestre. La petite harmonie parait en effet particulièrement à l’étroit dans l’ensemble.

Moins célèbre que Chopin, Carl Lœwe est pourtant l’auteur de six opéras et de près de 400 pièces pour piano et voix. Son Concerto n°2 est résolument à placer dans la catégorie des concertos-virtuoses. L’orchestre se limitant à un rôle d’accompagnateur, tandis que le soliste affronte seul les nombreuses difficultés de la partition. L’écriture de cette pièce est très classique, et l’on prend un grand plaisir à la découvrir en si bonne compagnie. Le deuxième mouvement intitulé Espaniola (sic) à tendance à plonger dans l’exotisme de pacotille, il offre néanmoins un contraste intéressant avec le Rondo final, auquel Kodama insuffle une énergie jouissive.

Il est intéressant de découvrir Nagano hors de son répertoire habituellement consacré au XXe siècle et l’on constate que le chef d’orchestre nous livre une fois de plus un excellent disque. Pentatone Classics annonce déjà de futures collaborations entre Nagano et l’. On ne peut que s’en réjouir.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.