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Symphonies de Beethoven par Kempe, rigueur et solidité

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Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : intégrale des Symphonies. Ouvertures Leonore III, les Créatures de Prométhée et Egmont. Urzela Koszut, soprano ; Brigitte Fassbaender, contralto ; Nicolaï Gedda, ténor ; Donald McIntyre, basse ; Chœur philharmonique de Munich, Chœur de Motets de Munich ; Orchestre Philharmonique de Munich, direction : Rudolf Kempe. 6 Cd Disky Classics. Référence : DB 707082. Enregistré entre 1970 et 1972. Pas de notice. Durée : 6h12’04

 

La firme Silveroak via son label Disky rend enfin disponible dans son intégralité le legs Beethoven de . À l’exception de quelques symphonies célèbres éditées furtivement dans diverses collections économiques, cette intégrale des symphonies de Beethoven n’avait jamais eu les honneurs d’une édition digne de ce nom. En 1967, le grand chef d’orchestre fut nommé à la tête de l’ où il succédait alors au bien modeste Fritz Rieger. Alors que Munich est l’un des centres musicaux les plus importants d’Allemagne, sa Philharmonie ne s’est jamais imposée dans l’élite des orchestres allemands. En effet, ce coffret nous montre une valeureuse formation, rigoureuse, appliquée et homogène, mais la caractérisation des ensembles et des solistes est assez quelconque. On est d’autant plus réservé sur l’orchestre que la prise de son EMI est bien décevante pour une somme enregistrée entre 1970 et 1972.

Cette intégrale Beethoven commence assez mal. Kempe n’arrive pas à saisir l’esprit juvénile des Symphonies n°1 et n°2. Visiblement peu à l’aise, le chef s’enlise dans des tempi trop amples et n’arrive pas à alléger les textures. La mise en place est certes excellente, l’orchestre est contrôlé mais l’ensemble ne décolle jamais. On monte d’un sérieux cran avec la Symphonie n°3, les musiciens nous livrent une superbe lecture à l’ancienne dans des tempi amples mais qui laissent le drame et la tension s’épanouir. Les premier et second mouvements, sculptés dans du granit, sont grandioses d’élans épiques. Les deux derniers mouvements avancent avec énergie et l’on est d’autant plus déçu de l’échec des deux premières symphonies que le chef fait preuve de beaucoup de fantaisie dans la gestion des échanges entre les instruments. La Symphonie n°4 nous ramène malheureusement aux égarements du début de cycle et les arguments sont les mêmes. On reste assez dubitatif devant les choix de tempi bien lents que le chef ne comble qu’aux prix de traits verticaux trop appuyés. La Symphonie n°5 commence assez mal, le premier mouvement bien trop placide tourne à vide. Progressivement pourtant, le chef installe une tension et les climats sont plus animés. Le dernier mouvement, mené avec un beau sens de la progression, est des mieux venus.

La Pastorale est la merveille du coffret. Kempe compose une interprétation d’une poésie et d’une douceur confondantes. L’orchestre, transfiguré par la souplesse et la fluidité de la direction, livre des timbres chatoyants et lumineux. L’écoute entre les musiciens est idéale et l’on sent le chef s’effacer pour laisser ses instrumentistes dialoguer entre eux au point de créer une musique de chambre symphonique. Tout avance avec une rare évidence et au final, cette interprétation est l’une des plus belle que l’on puisse écouter. La Symphonie n°7 est plus problématique, les deux premiers mouvements sont peu convaincants, apparaissant butés et durs. Mais le Scherzo se révèle échevelé, alors que le dernier mouvement, comme une lave incandescente, arrache tout sur son passage. a toujours eu des affinités avec la Symphonie n°8, et le collectionneur se pâmait déjà devant l’enregistrement d’un concert public donné à Munich avec l’Orchestre de la Radio bavaroise (enregistré en 1975 et publié chez Orfeo). La présente version présente les mêmes qualités : finesse, clarté du trait, équilibre entre les pupitres et gestion quasi mozartienne du temps. Tout est éclairé et limpide dans cette interprétation aussi magique que grandiose. La Symphonie n°9 clôt avec énergie ce parcours. Un tel musicien sait éviter l’écueil de l’enlisement, mais le résultat manque un peu de souplesse. Le quatuor de solistes et le chœur sont solides, mais ont peut rêver meilleurs serviteurs pour ce final. Les trois ouvertures proposées en sus sont bienvenues et elles montrent un Kempe qui excellait dans les petites formes de ces pièces épiques et conquérantes.

On tient un cycle assez conséquent avec quelques merveilles mais aussi des déceptions que l’on suppose compensées par le prix avantageux de ce coffret.

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Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : intégrale des Symphonies. Ouvertures Leonore III, les Créatures de Prométhée et Egmont. Urzela Koszut, soprano ; Brigitte Fassbaender, contralto ; Nicolaï Gedda, ténor ; Donald McIntyre, basse ; Chœur philharmonique de Munich, Chœur de Motets de Munich ; Orchestre Philharmonique de Munich, direction : Rudolf Kempe. 6 Cd Disky Classics. Référence : DB 707082. Enregistré entre 1970 et 1972. Pas de notice. Durée : 6h12’04

 
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