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Nuits de Schoenberg, Ligeti, Dutilleux par le Quatuor Rosamonde

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Arnold Schoenberg (1874-1951) : !a Nuit Transfigurée op. 4 pour sextuor à cordes ; György Ligeti (né en 1923) : Quatuor à cordes n° 1 » Métamorphoses Nocturnes » ; Henri Dutilleux (né en 1916) : Ainsi la Nuit pour quatuor à cordes. Quatuor Rosamonde : Agnès Sulem-Bialobroda, 1er violon ; Thomas Tercieux, 2nd violon ; Jean Sulem, alto ; Xavier Gagnepain, violoncelle ; Antoine Tamestit, 2nd alto ; Jérôme Pernoo, 2nd violoncelle. 1 CD Pierre Verany (Arion distribution) PV 706021. Enregistré à l’Auditorium Antonin Artaud, Ivry-sur-seine, 17-29 septembre 2005. DDD. Notice : français, anglais. Durée : 67’53

 

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Avec un tel titre, Nuits, on peut logiquement s’attendre à s’engouffrer dans les affres nocturnes de la nostalgie humaine. Ce n’est cependant pas tout à fait exact puisque les trois pièces proposées ne flirtent que très lointainement avec la conception romantique de la disparition de la lumière du jour. S’en rapproche plus sensiblement la Nuit Transfigurée (Verklärte Nacht, op. 4) qu’ composa en 1899 pour un sextuor à cordes d’après le poème de Richard Dehmel dont il admirait les textes, œuvre charnière entre le post-romantisme germanique déclinant et une modernité iconoclaste en gestation dont il allait être un des moteurs fondamentaux. La Nuit Transfigurée a le pouvoir indicible de translater l’auditeur dans une aventure fascinante au cours de laquelle il devient superflu, voire tout à fait inutile et inconvenant, de se demander dans quel registre esthétique on se situe exactement. Le , excellente formation dont la réputation n’est plus à faire depuis 1981, date de sa création très remarquée, donne de ce chef-d’œuvre un regard transcendé, à la fois matériel et rêveur, ancré dans le riche passé et annonciateur d’un avenir fertile en nouveautés et en potentialités insoupçonnées. Les qualités intrinsèques des quatre compères font encore merveille dans Métamorphoses Nocturnes, titre du Quatuor à cordes n°1 que acheva en 1954 alors qu’il vivait encore en Hongrie. La partition est encore redevable de l’esthétique de Béla Bartók et les aspects nocturnes ne véhiculent plus la nostalgie et la méditation de Schœnberg. S’y trouvent mêlés des airs de danses populaires stylisés, des accès rythmiques virils, des traits de musique de cabaret et une indéniable note d’humour. figure ici très logiquement avec son quatuor à cordes Ainsi la Nuit (1977) rapidement devenu, on le sait, une composition très souvent interprétée et appréciée dans le monde entier. De son quatuor irradie une réelle spiritualité et une marche magnétique vers l’infini cosmique qui, à n’en point douter, apparaîtront en toute lumière à qui prendra la peine de l’écouter quelques fois. Un récital exceptionnel pour sortir des sentiers battus bien qu’à présent constitué de pièces entrées au Panthéon classique du XXe siècle occidental.

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