Banniere-ClefsResmu-ok

Horst Stein, dans la moyenne pour la VIe de Bruckner

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°6 en la majeur ; Carl Maria Von Weber (1786-1826) : Der Beherrscher der Geister et Abu Hassan, ouvertures. Orchestre Philharmonique de Vienne, direction : Horst Stein. 1 CD Decca « collection Éloquence Australie». Référence : 476 2745. Enregistré en 1972 (Bruckner) et 1977 (Weber). Livret de présentation en anglais. Durée : 65’01.

 

Dans les années 1960-1970, Decca décida d’enregistrer une intégrale des symphonies de Bruckner avec le même orchestre, le Philharmonique de Vienne, mais en le confiant à plusieurs chefs différents. Se succédèrent donc au pupitre, Zubin Mehta (9), Georg Solti (7 et 8), Claudio Abbado (1) Karl Böhm (3 et 4), (2 et 6), et Lorin Maazel (5). Le résultat est assez disparate, et il aurait certainement été préférable de choisir Karl Böhm pour tout le cycle, le chef autrichien ayant ici réalisé des enregistrements des Symphonies n°3 et 4 qui restent encore des références trente ans plus tard, complétés à la même époque par ses magnifiques gravures pour Deutsche Grammophon des Symphonies n°7 et 8 avec le même orchestre. L’autre enregistrement marquant de cette intégrale est la n°9 dirigée par Zubin Mehta, un disque qui inaugurait avec éclat la fulgurante carrière du chef indien.

La branche australienne d’Universal nous permet de redécouvrir la gravure par de la Symphonie n°6. Horst Stein fait partie de ces honnêtes kappelmeister germaniques, au métier très sûr, dont les interprétations ne sont pas a priori susceptibles de déchaîner les passions. Ce chef a mené une carrière discrète, dont les principaux faits d’armes sont un long mandat à la direction des Bamberger Symphoniker, de nombreuses apparitions dans les fosses de théâtres réputés, et le record du nombre de soirées dirigées au Festival de Bayreuth (138), record battu récemment par le seul Daniel Barenboïm. Sa lecture de la Symphonie n°6 est conforme à ce qu’on peut en attendre : une version très probe, d’une grande lisibilité, sans défaut majeur, mais au ton très neutre, et qui doit baisser pavillon face à la concurrence qui existait déjà à l’époque de sa sortie. (Klemperer pour citer le meilleur, même si son New Philharmonia a des timbres très crus par rapport à ceux des superlatifs Wiener Philharmoniker, impose une toute autre tension, exacerbe les contrastes, et dresse un monument à côté duquel la version de Stein, en dépit du soin mis à sa réalisation, semble bien étriquée).

Voici donc une bonne version, dans laquelle Bruckner n’est pas trahi, mais qu’on ne saurait recommander avant celles de Klemperer, Wand, Haitink, Skrowaczewski ou Jochum.

La Symphonie n°6 étant une œuvre concise selon les standards brucknériens, le disque est complété par deux ouvertures de Weber : la célèbre et dynamique ouverture d‘Abu Hassan, et la moins connue Der Beherrscher der Geister (Le maître des Esprits), une superbe page au climat romantique et orageux, qui annonce les meilleurs moments du Freischütz avec quelques années d’avance.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.