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Picasso and Dance : Bronislava Nijinska & Léonide Massine

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Darius Milhaud (1892-1974) : Le Train Bleu ; Manuel de Falla (1876-1946) : Le Tricorne. Chorégraphie : Bronislava Nijinska/ Léonide Massine. Mise en scène  : Henri Laurens/ Pablo Picasso. Costumes : Gabrielle Chanel/ Pablo Picasso. Avec : Elisabeth Maurin, Perlouse ; Nicolas Le Riche, le Beau Gosse ; Clotilde Vayer, la Championne de tennis ; Laurent Quéval, le Golfeur ; Kader Belarbi, le Meunier ; Françoise Legrée, la Femme du meunier ; Fabrice Bourgeois, le Magistrat. Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre des Concerts Lamoureux, Direction musicale : David Coleman. Réalisation : Yvon Gerault. Enregistré à l’Opéra National de Paris en décembre 1993. 1 DVD Warner Music Vision 4509-98755-2. Notice en anglais. Bonus : L’histoire d’un mariage. sous-titres en anglais, français, allemand, espagnol, italien Zones : 2-3-4-5. Durée : 81 minutes.

 

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L’histoire des Ballets Russes a été celle d’une aventure itinérante incroyable, riche de foisonnements artistiques. Elle a permis de découvrir des artistes dont on parle toujours plus d’un siècle après. Et sans même les avoir vu, l’admiration reste toujours dans nos mémoires d’une période bénie pour la danse et pour l’art en général. Cette frénétique activité s’est traduite par la collaboration d’artistes de milieux différents à la recherche d’un spectacle qui réunirait le meilleur de chacun, et leurs principales qualités afin d’offrir au spectateur un spectacle exceptionnel.

Qui pourrait se targuer de conjuguer dans la même soirée le talent de costumière de Gabrielle Chanel, celui de décorateur de Pablo Picasso, celui de chorégraphe de Léonide Massine et de Bronislava Nijinska, en passant par les musiques expressément créées pour l’occasion de et de , sans oublier l’attrait principal de ces véritables manifestations, les danseurs eux-mêmes. Ceux qui ont traversé cette aventure nous reviennent sous la forme de photographies inoubliables, ici Nijinski, là, la Pavlova ou la Spessivsteva. Se produisant à Paris au Théâtre des Champs-Elysées, au Théâtre du Châtelet, cette compagnie se produisit également à l’Opéra de Paris. Dissoute au début des années 1930, son répertoire aurait pu tomber dans l’oubli sans le souci constant des interprètes de transmettre ces ballets à de jeunes danseurs qui pourraient en assurer la descendance.

En ce qui concerne les deux ballets donnés au Palais Garnier en 1993, le fil directeur était la participation de Picasso dans cette période si particulière de la danse, en tant que décorateur ; un de ces tableaux est la toile de fond du Train Bleu, et il a réalisé les costumes et les décors du Tricorne. De 1917 (Parade) à 1962 (Icare), Picasso aura contribué à l’élaboration de neuf ballets, dont le très célèbre Après-Midi d’un Faune.

Le Train Bleu est représentatif des années 1920, avec une mise en avant d’une classe bourgeoise en vacances (on pense aux plages deauvilloises), bien avant les congés payés. C’est le temps de l’insouciance des années folles. Une libre comparaison est faite avec le Prince de Galles, excellent golfeur, et Suzanne Lenglen, la célèbre championne de tennis, dans ce ballet à l’intrigue insignifiante.

On admirera la propreté d’exécution d’un qui dégage avec une certaine justesse toute la fatuité du rôle du Beau Gosse. Mutine à souhait, est une ravissante Perlouse, qui s’insère avec complicité dans l’action. On notera la participation enthousiasmante de et de dans ce ballet à la fraîcheur vieillie.

Le Tricorne, librement inspiré de danses traditionnelles espagnoles, ainsi que de musiques folkloriques espagnoles (tout comme Prokofiev a opéré pour la Fleur de Pierre, mais avec de la musique traditionnelle russe), est moins convaincant dans l’ensemble. Dans ce ballet court qui n’a pas une intrigue très lisible, on y voit plutôt l’image du peuple triomphant sur les classes supérieures, en tournant en dérision le Magistrat qui comptait profiter de la belle Meunière. Les danseurs, bien qu’engagés dans une danse enfiévrée, paraissent moins concernés. Cela est peut être du au caractère de la danse espagnole, que la formation d’un danseur classique ne permet pas forcément d’appréhender suffisamment.

a dit que « C’est par la peinture que le public parisien aima d’abord les Ballets russes ». Incontestablement, ce DVD nous rappelle que Picasso est un des points d’ancrage qui justifie le succès de ces ballets dont qu’on espère revoir bientôt dans un des bâtiments qui ont vu naître ces petits bijoux.

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