Eschenbach et l’Orchestre de Paris : La fascination Roussel

À emporter, CD, Musique symphonique

Albert Roussel (1869-1937) : Bacchus et Ariane op. 43 suites n°1 et n°2 ; Symphonie n°2 op. 23. Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach. 1 CD Ondine. Référence : 1065-2. Enregistré en février 2005 au Théâtre Mogador (Bacchus et Ariane) et en juillet 2005 au Conservatoire de Paris (Symphonie n°2). Notice de présentation en anglais, français, allemand et finlandais. Durée : 77’58.

 

Après un superbe album consacré à la Symphonie lyrique de Zemlinsky, et ses forces parisiennes nous livrent un album de la même eau. Composée entre 1919 et 1921, la Symphonie n°2 laissa de bois le public de sa création. André Caplet reconnut tout de même qu’il y avait dans cette partition : « un message d’une qualité rare… ». On ne peut que rejoindre cet avis tant la veine mélodique et la science de l’orchestration fascinent l’oreille ; les trois mouvements de la pièce sont autant de climats rêveurs et chatoyants. Une étiquette collée sur la pochette précise que cette pièce est l’une des découvertes majeures récentes du chef d’orchestre. On pourra toujours épiloguer sur la pertinence de ce commentaire, mais il faut reconnaître les évidentes affinités entre cette musique et . Aidé par un en parade, le musicien tisse une interprétation d’une fluidité et d’une finesse idéales. Les timbres de l’orchestre ne sont plus aussi « français » que sous la baguette de Charles Munch, mais les vents et les cuivres font preuve d’une belle transparence et d’une clarté latine. Face à une concurrence solide mais dont la distribution est plus qu’aléatoire (Marek Janowski pour RCA, Charles Dutoit chez Erato et Pierre Dervaux pour Emi), cet enregistrement s’impose comme la référence absolue dans cette œuvre que l’on aimerait retrouver au répertoire.

L’interprétation de Bacchus et Ariane, judicieusement présente avec les deux suites et non l’unique seconde suite, est assez handicapée par l’acoustique particulièrement revêche du Théâtre Mogador. Christoph Eschenbach accorde une grande importante à l’équilibre entre les lignes et à la progression narrative. Cette très belle version, mise en valeur par des cuivres et des percussions jubilatoires, doit pourtant s’incliner dans l’absolu devant les enregistrements de Charles Munch (RCA et Erato), Jean Martinon (Erato) et Igor Markevitch (DGG).

Cependant, ce très beau disque, soigné dans ses moindres détails, s’avère d’un apport utile à la discographie et remplit une fonction patrimoniale dans une discographie de l’ qui laisse trop peu de place à la musique française.

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