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La montagne de feu, portrait de Pierre Thilloy

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La montagne de feu, documentaire de André Delacroix et Bruno Serrou, réalisé par André Delacroix. Produit par Morgane Productions (Gérard Pont et Gérard Lacroix).

 

France 2

Une résidence de compositeur au sein d’une ambassade française est un cas d’école qui gagne à être présenté au grand public. a été le premier à en avoir bénéficié pendant trois ans, à l’invitation de l’ambassadeur de France en Azerbaïdjan. « J’ai mis le pied sur le sol Azéri pour la première fois le 2 août 2003, se souvient le jeune compositeur. Premier souvenir, l’odeur pénétrante du pétrole brut, exhaussée par une chaleur pénétrante… Je savais instinctivement que cette terre deviendrait pour moi une sorte de déclencheur de questions, une étape difficile à évaluer, une porte où je ne voyais qu’un mur. A peine arrivé, j’ai déployé une intense activité de recherche de matériaux susceptibles de m’aider à ne pas être un simple touriste de luxe invité par l’Ambassade pour s’enrichir l’esprit sans rien donner en échange. »

Aujourd’hui âgé de trente-cinq ans, est déjà l’auteur de plus de cent cinquante partitions. Dans sa musique, qui tourne résolument le dos à l’innovation esthétique et expressive, il entend être le plus accessible possible tout en restant fidèle à lui-même. « , écrivait son aîné disparu prématurément en 2000, excelle à créer des atmosphères oniriques, à évoquer, à saisir, à faire surgir, à émouvoir. »

Né en 1970, le compositeur lorrain aborde à vingt ans l’étude des disciplines de théorie de la musique à Nancy ( composition avec Jean-Pierre Rivière, écriture avec Noël Lancien et analyse avec Nicole Clément ), puis il travaille la composition auprès d’Alexander Mullenbach au Conservatoire de Luxembourg et à l’Académie Internationale du Mozarteum de Salzbourg, ainsi que l’esthétique du XXe siècle avec Mario di Bonaventura. Il obtient en 1998 le deuxième Prix International de la Fondation Guardini de Berlin. Résident de 1999 à 2001 à l’abbaye de La Prée à l’invitation de l’association culturelle « Pour que l’Esprit Vive », il est depuis avril 2001 lauréat de la Fondation Rockefeller de New York qui lui ouvre les portes de la résidence de la Fondation du lac de Côme à l’automne 2001 et le conduit régulièrement outre Atlantique. De 2003 à 2007, il est compositeur en résidence en Picardie. Il est également directeur artistique des Editions Musicales de La Salamandre et de l’orchestre de chambre Les Déchiffreurs.

Au cours de ses nombreux séjours à Bakou, Pierre Thilloy a composé une demi-douzaine d’œuvres associant les musiques azerbaïdjanaises et occidentales, dispensé des master classes à l’Académie Nationale de Musique, côtoyé les compositeurs du pays, qu’il édite et fait programmer à travers la France. Pour Musiques au cœur, André Delacroix et Bruno Serrou l’ont rejoint à Bakou, dans les derniers jours de sa résidence sur les rives de la mer Caspienne, occasion pour lui de donner en création sa 7ème Symphonie avec quatuor à cordes obligé et grand orchestre, Yanardag ou La Montagne de feu, son Chant du Crépuscule pour soprano et grand orchestre d’après la célèbre Lettre de Tatiana extrait d’Eugène Oneguine de Pouchkine et son sixième quatuor à cordes, Les Larmes de l’Enfer, autre hommage au peuple azéri.

Mot d’auteur : La musique de Pierre Thilloy part du cœur pour aller au cœur. C’est une musique profondément humaine, chargée d’émotions et de forces qui reflètent la vie des hommes, leurs peines, leurs souffrances mais aussi leurs joies et leurs espérances. Elle s’exprime par la richesse de son orchestration, par une palette de couleurs et de sonorités d’une amplitude et d’une force impressionnantes. La musique de Pierre Thilloy témoigne de l’humanité et de la générosité de son auteur, de ce qu’il reçoit du monde. Elle est recherche de vérité et c’est pour cela qu’elle s’écoute, s’entend et se retient si bien. Elle nous pénètre et nous entraîne au plus profond de nous-mêmes car elle vient de l’âme. Elle ne triche pas, ne joue pas avec les modes, les formes et les systèmes. Elle n’impose rien d’autre qu’un émouvant et intense regard sur le monde. Elle vient de très loin et sa force s’enracine dans l’humanité et dans le partage de Pierre Thilloy avec la vérité de l’autre. Défi exigeant et audacieux s’il en est mais que Pierre Thilloy relève avec pudeur, générosité et abnégation. André Delacroix

Diffusion le 3 juillet 2006 sur France 2, MUSIQUES AU CŒUR, minuit

© 2004 by Christian Legay – France

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La montagne de feu, documentaire de André Delacroix et Bruno Serrou, réalisé par André Delacroix. Produit par Morgane Productions (Gérard Pont et Gérard Lacroix).

 
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