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Eliahu Inbal dirige Mahler à Tokyo

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Gustav Mahler (1860-1910) ; Symphonie n°5 en ut dièse mineur. Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra, direction : Eliahu Inbal. 1 CD Fontec. Référence FOCD 9244. Enregistré en public le 15 avril 1995. Notice de présentation en japonais. Durée : 70’23.

 

On le sait peu, c’est au Japon que fut pour la première fois enregistrée intégralement une symphonie de Mahler (la n°4), par le Nouvel Orchestre Philharmonique de Tokyo sous la direction de Hidemaro Konoye en 1930. A une époque où presque tous les chefs et orchestres occidentaux n’auraient pas touché à Mahler avec des pincettes, cet enregistrement était un acte audacieux, et on aimerait le voir réédité et disponible en Europe. La légitimité historique du nippon rend donc ce disque édité par Fontec d’autant plus tentant que l’Orchestre Symphonique Métropolitain de Tokyo est ici dirigé par , chef de haute réputation mahlérienne.

La Symphonie n°5 était déjà un des meilleurs volets de la célèbre intégrale enregistrée par Inbal à Francfort pour Denon (rééditée par Brilliant). Dix ans après, ce concert va plus loin, la relative neutralité expressive (voulue par le chef) de l’enregistrement studio faisant place à un engagement et à une flamme qu’on n’aurait pas nécessairement espérés de la part de ce chef. Inbal prend le premier mouvement à bras-le-corps, jouant la carte de l’effroi, il impose un climat dur, violent et désespéré à cette marche funèbre. Le mouvement suivant est de la même veine, rapide, cinglant, implacable, le chef fonce tête baissée dans ce ballet grandiose et sarcastique, sans jamais avoir besoin de reprendre souffle, et enchaîne avec un Scherzo au début relativement sage et détendu, mais qui va très vite retrouver fermeté, emportement et un rythme de danse assez rustique. L’Adagietto est chaleureux, de tempo assez sage, les cordes y sont très belles, mais plus que ce beau mais sage mouvement lent, c’est le Rondo-Finale qui marquera : conquérant et altier, il exulte, et est coiffé par une coda à l’accélération magistrale, laissant tout l’auditoire collé à son siège : un vrai triomphe.

L’orchestre est galvanisé par la direction d’Inbal, et est d’un niveau plus qu’honorable : les cuivres sont assez crus et rustiques, et commettent quelques fautes, mais les vents sont mieux que corrects, et les cordes, très homogènes, ont une sonorité brillante et soyeuse, nettement plus douce que celles de l’Orchestre de la Radio de Francfort que dirigeait Inbal dans son intégrale. La prise de son est de bonne qualité, rendant bien l’atmosphère électrisante de ce concert, dont le public attentif et discret va rugir de contentement après le dernier accord. Au final : un grand concert, qui donne un bon disque, qui démontre l’excellent niveau des instrumentistes japonais et qu’ peut véritablement produire des étincelles lorsqu’il est inspiré.

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Gustav Mahler (1860-1910) ; Symphonie n°5 en ut dièse mineur. Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra, direction : Eliahu Inbal. 1 CD Fontec. Référence FOCD 9244. Enregistré en public le 15 avril 1995. Notice de présentation en japonais. Durée : 70’23.

 
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