Un Rinaldo solitaire

À emporter, CD, Opéra

Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Rinaldo (extraits). Avec : Sigurd van Lommel, contre-ténor ; Cinzia Zotti, basse de viole de gambe ; Alain Cahagne, clavecin et orgue ; Leopoldo d’Agostino, flûte à bec. Ensemble Hypothesis, direction : Leopoldo d’Agostino. 1 CD Solstice SOCD 230. Enregistrements réalisés à la chartreuse de Valbonne en 2002, à la collégiale de Roquemaure et à l’église Notre-Dame des Pommiers de Beaucaire en 2004. Notice de présentation en français, anglais et italien. Texte chanté en français, anglais et italien. Durée totale : 72’53

 

Voilà un bien étrange Rinaldo mais ô combien fascinant. Ici, le seul et même chanteur interprète les principaux airs pour voix élevées que contient cet opéra, mais « adaptés curieusement » pour petit ensemble baroque composé de flûtes à becs, de viole de gambe et de claviers (clavecin et orgue). Dans la notice de présentation (fort bien écrite, d’ailleurs, par Cinzia Zotti), on apprend que l’éditeur John Walsh songeait, après le succès de cette œuvre, à en publier des extraits adaptés à une possible interprétation « de chambre ». Comme cette édition n’a jamais vu le jour, l’ensemble Hypothesis et son chef, Leopoldo d’Agostino, ont décidé de « restituer une réunion musicale imaginaire organisée autour de ces airs de Rinaldo ». Et c’est une réussite !

Passé l’étonnement devant ces adaptations, on ne peut que s’émerveiller devant l’inventivité et la virtuosité des musiciens qui parviennent, malgré leur très petit nombre, à garder intacte la force de cette musique. La très belle voix du contre-ténor Sigurd van Lommel se fond parfaitement dans les différents rôles qu’il a à interpréter, que ce soit des personnages féminins ou des hommes chantant en voix de fausset. Son excellente technique lui permet, sans effort, de triompher des redoutables difficultés dont Haendel a parsemé sa partition.

Il est vrai que pour découvrir ce chef-d’œuvre de Haendel, il vaut mieux se tourner vers des versions plus « traditionnelles ». Mais, bien plus qu’une curiosité, ce disque est le fruit de la passion de quatre musiciens pour le même compositeur, et cet amour est si fort qu’il transparaît à l’écoute de chacune des plages. À notre époque, où beaucoup d’enregistrements sont dictés par les lois du star-system, un disque tel que celui-là est une bouffée d’air frais dans une industrie discographique étouffante. Et rien que pour cela (et peut-être même précisément pour cela), il mérite d’être écouté.

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