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Ecaussine. Château de la Follie. 29-VII-2006. Clara Schumann (1819-1896) : Trois Romances pour piano et violon op. 22 ; Johannes Brahms (1833-1896) : Sonate pour piano et violon n°1 en sol majeur op. 78 ; Ernest Chausson (1855-1899) : Poème op. 25 (transcription pour violon et piano) ; César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur. Véronique Bogaerts, violon, Jean-Claude Vanden Eynden, piano.

Musique au Château de la Follie

La vie musicale de la Province de Hainaut est assez paradoxale : les concerts « institutionnels » y sont assez rares, alors que les manifestations musicales d’initiative privée y sont très nombreuses, en été : Horrues, Roisin, Aulne, Enghien, Seneffe, mais aussi en saison : Quaregnon, Silly, Marchienne-au-Pont, Festival musical d’Enghien, Printemps de Saint-Laurent à Couillet, Proquartetto à Tournai, …

Le festival qui nous occupe ici a lieu à Ecaussines, au château privé de la Follie, non accessible au public en temps normal, qui accueille les concerts dans sa cour intérieure, ce qui donne beaucoup de cachet à ces soirées. L’affiche de ce Festival de la Follie était belle cette année avec entre autres, et Muhiddin Dürrüoglu-Demiriz dans l’intégrale des sonates pour violoncelle de Beethoven, le pianiste , et l’, et encore et .

Pour le concert de ce soir, deux artistes bien connus en Belgique, qui ont été révélés au public par leur brillante participation au Concours Reine Elisabeth : termina à seize ans troisième de la session piano de 1964, alors que Véronique Bogaerts fut neuvième lauréate du concours de violon de 1980. Depuis, ils poursuivent une carrière de concertistes et de chambristes très recherchés, en Belgique et ailleurs, et sont également tous deux professeurs au Conservatoire Royal de Bruxelles.

Ils proposent un programme très généreux et bien équilibré entre musique allemande et musique française. La première partie est allemande, et commence par les jolies Romances pour violon et piano de . Les deux artistes abordent ces pièces fragiles avec la simplicité et la légèreté nécessaires pour rendre au mieux le talent intimiste et chaleureux de la compositrice.

Petite déception ensuite avec la sonate de Brahms, jouée avec beaucoup de pudeur et d’élégance, mais qui manque de lyrisme, de chaleur et de rayonnement. Le violon est assez aride et pauvre en couleurs, et l’Adagio évolue dans une atmosphère trop ouatée, et d’un pas traînant. Heureusement, le mouvement final marque une nette amélioration : plus fluide, et faisant preuve d’élan, d’énergie et de panache instrumental.

La seconde partie du concert est française, et augmente encore en qualité avec un Poème de Chausson sombre et intense, d’une grande finesse, et montrant une belle palette de nuances.

Le sommet du concert est atteint avec une sonate de Franck expressive, passionnée et orageuse, dans laquelle les deux artistes déploient une énergie farouche. L’auditeur est séduit autant par la sonorité douce et lumineuse et par le chant élégant et recherché de la violoniste, que par le jeu inspiré et rythmé d’un pianiste aux phrasés exaltés, qui ne se contentent pas d’accompagner sa partenaire. La complicité entre les deux musiciens, habitués à jouer ensemble, est d’ailleurs ici très palpable. Ils obtiennent un triomphe des plus mérités pour ce concert de très haut niveau.

Crédit photographique : © DR

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Ecaussine. Château de la Follie. 29-VII-2006. Clara Schumann (1819-1896) : Trois Romances pour piano et violon op. 22 ; Johannes Brahms (1833-1896) : Sonate pour piano et violon n°1 en sol majeur op. 78 ; Ernest Chausson (1855-1899) : Poème op. 25 (transcription pour violon et piano) ; César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur. Véronique Bogaerts, violon, Jean-Claude Vanden Eynden, piano.

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