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La noirceur du drame: Berglund transcende Chostakovitch

À emporter, CD, Musique symphonique

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°8 op. 65. Russian National Orchestra, direction : Paavo Berglund. 1 SACD Hybride Pentatone 5186 084. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Enregistré en juin 2005 au DZZ Studio 5 de Moscou. Durée : 66’28mn

 

Le label Pentatone poursuit son intégrale des symphonies de confiée à ses différents et nombreux chefs invités. Après deux premiers volumes de très haut niveau sous les baguettes de Mikhail Pletnev, le fondateur de l’ensemble, et de son premier chef invité, Vladimir Jurowski, ce nouveau disque échoit au Finlandais . Ce rare gaucher de la direction d’orchestre est hautement réputé pour ses enregistrements Sibelius (pas moins de trois intégrales des symphonies considérées comme des références) et Nielsen mais il fréquente l’œuvre de Chostakovitch depuis de nombreuses années. Lors de son passage à la tête de l’orchestre de Bournemouth, il enregistra quelques symphonies dont une superlative n°11 pour EMI.

Fort attendue des commentateurs, cette nouvelle version s’inscrit aux sommets de la discographie. L’approche de est dans l’air du temps : le chef campe un Chostakovitch décanté mais noir, hautement dramatique et nullement résigné. Si l’on compare ce disque avec la récente version de Semyon Bychkov à la tête de son Orchestre de la WDR de Cologne (lire ici la chronique de cet enregistrement), on peut dire que Berglund réussit là où son collègue échouait : il parvient à habiter des tempi plutôt lents et réussit avec une grande maîtrise les nombreuses ruptures et transitions de la pièce. L’ensemble, idéalement construit, s’avère d’une évidente limpidité de propos. Envisagée sur toute la longueur de l’œuvre cette interprétation réfléchie, mais sans intention ni préméditation, ne connaît aucune chute de tension. Les premier et dernier mouvements semblent plutôt apaisés alors que dans les mouvements centraux, Berglund met en place une implacable force dévastatrice et mécanique. L’ est comme dans les précédents volumes, absolument magistral de cohésion, de dynamique et de richesse des timbres. Ce disque exceptionnel, encore une fois magnifié par le savoir-faire des techniciens Pentatone, rejoint les autres grandes références dans cette œuvre : Kondrashin (Praga), Barshai (Brilliant), Previn (DGG), Sanderling (Berlin Classics) et Mravinsky (BBC Legends).

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