À emporter, CD, Musique symphonique

Beethoven & Haitink : Braoum! Vraoum!…

Plus de détails

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 3 « Héroïque » op. 55 ; Ouverture Leonore II op. 72b. London Symphony Orchestra, direction : Bernard Haitink. 1 SACD LSO « Live » LSO0580. Enregistré en concert les 21 et 22 novembre 2005 (Symphonie), les 16 et 17 novembre 2005 (Leonore II). DSD multi-canal compatible stéréo. Texte de présentation (un peu court) en allemand, anglais et français. Durée : 74’13.

 

Voici donc le nouveau volet de l’intégrale des symphonies de Beethoven enregistré en concert par , après deux disques assez décevants. Bonne nouvelle : la prise de son, toujours aussi sèche, est tout de même bien plus présente et détaillée que dans une Pastorale particulièrement voilée et éteinte. Mauvaise nouvelle : les instruments semblent captés individuellement en chambre sourde à cinq centimètres de distance, mais à dix mètres les uns des autres, sur une même ligne, sans aucun plan sonore en profondeur. Une musique surgie de nulle part, tout droit sortie d’un synthétiseur perfectionné. Brrr, quelle froideur ! Insupportable sur enceintes (le multicanal est encore plus artificiel que l’écoute stéréo), le résultat est plus probant au casque, où l’on obtient une impressionnante radiographie de la partition.

Vous ignoriez que l’Héroïque était un concerto pour timbales et orchestre ? Nous aussi jusqu’à ce jour. À force de solliciter le moindre crescendo, le premier mouvement finit par saouler, et l’impressionnant climax du développement n’est ici qu’un accord pas plus fort que ceux qui l’ont précédé, tous plombés par les directs au foie assénés par le percussionniste : pan ! pan ! la chasse est ouverte, d’autant que les cors cuivrés nous font la Messe de Saint-Hubert. La Marche funèbre est ici allante, tempo de vraie marche – mais l’acoustique absolument sèche ne laissait guère le choix, et les accords des bois semblent tomber dans un vide anesthésié.

Mais que dire, de toute façon, de l’interprétation quand le résultat semble plus dépendre des lubies sonores d’un technicien sous ecstasy que de la volonté du chef ? En tout état de cause, l’agrément auditif est à peu près nul et, dans une discographie archi-saturée où les versions récentes de qualité ne manquent pas, on voit mal à quel public s’adresse ce disque, à part quelques étudiants en analyse qui chercheraient une version où l’on peut entendre distinctement le deuxième basson ou le deuxième hautbois dans les tutti du finale.

Plus de détails

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 3 « Héroïque » op. 55 ; Ouverture Leonore II op. 72b. London Symphony Orchestra, direction : Bernard Haitink. 1 SACD LSO « Live » LSO0580. Enregistré en concert les 21 et 22 novembre 2005 (Symphonie), les 16 et 17 novembre 2005 (Leonore II). DSD multi-canal compatible stéréo. Texte de présentation (un peu court) en allemand, anglais et français. Durée : 74’13.

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.