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Trouble in Tahiti : un concentré de vitamine C

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Leonard Bernstein (1918-1990) : Trouble in Tahiti. Aaron Copland (1900-1990) : Quiet City. Letitia Singelton, Dinah ; Sébastien Lemoine, Sam ; Céline Victores-Benavente, Philippe Do, Vincent Ordonneau, trio vocal. David Guerrier, trompette ; Anne Clément, cor anglais. Orchestre de Picardie, direction : Pascal Verrot. 1 CD Calliope CAL 9391. Enregistré en octobre 2003 au Théâtre Impérial de Compiègne. Notice bilingue (français-anglais). TT : 56’16’’

 

Courte scène lyrique créée en 1952, Trouble in Tahiti n’a qu’un lointain rapport avec la comédie musicale homonyme portée au grand écran dans les années 40. Ecrit sur un livret du compositeur et créé à la Brandeis University, Bernstein inclut en 1983 son opus d’origine dans un vaste opéra en 3 actes, A quiet place. Trouble in Tahiti est une satire de la vie triste et banale des banlieusards américains, emplie de non-dits et de fausse sentimentalité. Sam est un père de famille qui délaisse son foyer pour sa réussite professionnelle ou sportive, tandis que Dinah traîne sa dépression entre son psychanalyste et le lèche-vitrines avec ses amies. Un sujet aussi morne n’empêche pas d’écrire une musique qui oscille entre Broadway, le jazz et le post-romantisme à l’énergie sans cesse renouvelée. Aux deux héros s’ajoute un trio vocal qui commente l’action, dans la lignée du chœur des tragédies antiques.

Mais outre la rareté en disque de ce petit opéra (seules existent deux versions dirigées par le compositeur, chez Sony – couplée avec le ballet Facsimile– et chez DG – intégré à l’opéra A quiet place) le plus étonnant est qu’il est servi par des interprètes presque exclusivement français. Un répertoire dans lequel on n’attendait ni et son orchestre, ni le plateau vocal (à l’exception de ). Mais c’est oublier que ce chef d’orchestre, revenu depuis peu officier en France, a fait une grande partie de sa carrière outre-Atlantique. Certes le tout ne « swingue » pas autant que la première version dirigée par le compositeur, certes l’anglais des chanteurs francophones, à la diction très soignée, sonne irrémédiablement « frenchie », mais la fraîcheur de l’interprétation alliée au professionnalisme de cet enregistrement ne pourra que charmer l’auditeur.

Très intelligemment est placée en complément Quiet City d’Aaron Copland, une musique de scène pour la pièce homonyme d’Irwin Shaw – mais qui connut finalement une création séparée et sans support scénique. Ce vaste nocturne pour cordes avec trompette et cor anglais solo (la même formation que le Concerto da camera d’Honegger) aux harmonies sirupeuses emplies de nostalgie vient à point nommer remplir un CD qui aurait eu un minutage un peu chiche et confirme que, quelque part entre Lille et Paris, il existe une vie musicale servie par un orchestre de qualité.

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Leonard Bernstein (1918-1990) : Trouble in Tahiti. Aaron Copland (1900-1990) : Quiet City. Letitia Singelton, Dinah ; Sébastien Lemoine, Sam ; Céline Victores-Benavente, Philippe Do, Vincent Ordonneau, trio vocal. David Guerrier, trompette ; Anne Clément, cor anglais. Orchestre de Picardie, direction : Pascal Verrot. 1 CD Calliope CAL 9391. Enregistré en octobre 2003 au Théâtre Impérial de Compiègne. Notice bilingue (français-anglais). TT : 56’16’’

 
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