Plus de détails

Laurent Juillet (né en 1971) et Denis Penot (né en 1968) : Fair-Play. The Slovak National Orchestra, direction : Allan Wilson. 1 CD Milan réf. 399 054-2. Enregistré en 2006. Notice française. Durée : 47’00’’

 

Fair-Play, premier long-métrage du réalisateur Lionel Bailliu, montre comment les relations professionnelles influent sur la manière dont on appréhende la compétition sportive entre collègues. Une façon pour le réalisateur de réfléchir plus globalement sur les rapports humains lorsqu’il y a de l’argent en jeu. La mise en scène amplifie le propos : la caméra ne filme jamais les protagonistes au bureau. Le scénario se limite à décrire une demi-douzaine de joutes sportives (et verbales), au cours desquelles se noue l’intrigue principale.

Difficile pour un compositeur d’accompagner musicalement des séquences de matchs qui pouvaient se suffire à elles-même. C’est pourtant le pari qu’ont relevé les compositeurs Laurent Juillet (qui signe ainsi sa première musique de film) et . Un pari relevé avec brio dans le film et que le disque, il faut bien avouer, peine parfois à mettre en valeur – du coup, pour qui n’a pas vu Fair-Play, l’écoute du CD pourrait paraître fastidieuse.

Néanmoins on aurait de se priver d’un tel plaisir, tant il est rare d’entendre une musique de film française qui sait se montrer généreuse, lyrique et subtile tant du point de vue des harmonies que de l’orchestration. En gros, Fair-Play est le travail de jeunes compositeurs qui savent ce qu’ils font et le font bien.

La partition est plutôt athématique, malgré de temps à autre l’apparition d’un thème assez discret, entendu brièvement dans «Doute» avant d’éclater dans le «Final» (climax jouissif nourri par de nombreuses dissonances).

L’orchestration est massive : la tension des personnages est sensible. Coïncidence troublante, le morceau «Canyon» évoque très clairement Tristan und Isolde de Wagner, référence toute trouvée pour ce film «psychologique».

S’il n’y a rien de nouveau sous le soleil (cuivres très présents, pédales dans l’aigus et trémolos aux cordes, staccati aux cordes et aux percussions pour les scènes de poursuite, mélodies d’inspiration romantique au piano pour des scènes plus douces et plus tristes), la qualité d’écriture suffit à justifier l’écoute attentive de la musique de Fair-Play. et marquent l’essai… Et le transforment…

Plus de détails

Laurent Juillet (né en 1971) et Denis Penot (né en 1968) : Fair-Play. The Slovak National Orchestra, direction : Allan Wilson. 1 CD Milan réf. 399 054-2. Enregistré en 2006. Notice française. Durée : 47’00’’

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.