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Le Beethoven sage de François-Frédéric Guy

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°8 en do mineur op. 13 “Pathétique” ; sonate n°29 en sib majeur op. 106 “Hammerklavier” ; sonate n°19 en sol mineur op. 49 n°1. François-Frédéric Guy, piano. 1 CD Naïve. Réf. : V 5023. Enregistré à l’Auditorium de Dijon en septembre 2005. Notice bilingue (français-anglais). Durée : 73’

 

Enregistrer la Pathétique et la Hammerklavier lorsque l’on est déjà un pianiste reconnu est une entreprise surprenante. Ces géants du répertoire pour piano sont souvent enregistrés par de jeunes solistes qui ont besoin de prouver leur valeur, ou placés au cœur d’intégrales. s’en explique dans la notice : la Hammerklavier est une œuvre qui fait totalement partie de son parcours, de sa relation avec le piano et le compositeur. Bien qu’il taxe cette démarche d’» égoïste », il se dit également convaincu qu’il ne s’agit pas de son dernier enregistrement de cette œuvre, qui jalonne son parcours et son évolution.

Il n’est donc pas question ici d’attendre une interprétation révolutionnaire ou une quelconque révélation. Il s’agit tout simplement de l’édition d’un moment de rencontre entre des œuvres qui figurent au panthéon des œuvres pour piano et d’un pianiste qui n’a plus besoin de prouver sa valeur. Cette sérénité se ressent dès la première pièce, la Sonate n°8 op. 13 « Pathétique ». nous offre ici une interprétation très intérieure, sans effusions excessives, très recueillie. Le troisième mouvement est parfois, sous les doigts de certains pianistes, très énergique et rythmique. Ici, il est avant tout gracieux, léger, bondissant. Cependant, si ce calme et cette légèreté semblent parfaitement de mise dans cette œuvre, on ne peut s’empêcher de regretter par moments un manque de relief, voire de profondeur. Mais il est vrai qu’il s’agit d’une œuvre encore très proche de l’esthétique classique.

Paradoxalement, la sonate Hammerklavier donne la même impression de perfection dénuée de passion. Pourtant, tout est là dès les premiers accords, les contrastes, l’énergie, la légèreté dans les notes qui suivent … d’où vient alors cette impression de rester sur sa faim ? Peut-être d’une trop grande sérénité face à l’œuvre. Tout est parfait, chaque intention est respectée et mise en valeur, mais … l’ensemble semble parfois trop lisse. On aurait aimé quelques respirations supplémentaires, on attend, on pressent le souffle d’énergie voire de folie qui animeront l’œuvre d’une vie particulière. Mais tout reste dans des proportions raisonnables.

Aussi surprenant que cela puisse paraître – alors que l’interprétation de ces deux œuvres ne présente aucun défaut objectif – c’est la dernière sonate de cet enregistrement, petite œuvre pédagogique sans prétention, qui émeut et convainc le plus. Là, chaque phrase est jouée dans un souffle, portée par un élan qui, sans tomber dans des excès trop romantiques, donne vie à l’œuvre. Et nous rappelle que François-Frédéric Guy est un interprète de talent.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°8 en do mineur op. 13 “Pathétique” ; sonate n°29 en sib majeur op. 106 “Hammerklavier” ; sonate n°19 en sol mineur op. 49 n°1. François-Frédéric Guy, piano. 1 CD Naïve. Réf. : V 5023. Enregistré à l’Auditorium de Dijon en septembre 2005. Notice bilingue (français-anglais). Durée : 73’

 
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