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L’OPL et Pascal Rophé en pleine lune de miel

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Rotterdam. De Dœlen. 25-XI-2006. Franz Liszt (1811-1886), Les Préludes, Concerto pour piano et orchestre n°2 en la majeur ; Robert Schumann (1810-1856) : Introduction et allegro appassionato pour piano et orchestre Op. 92, Piotr Illich Tchaïkovski (1840-1893), Romeo et Juliette, fantaisie-ouverture d’après Shakespeare. Nicholas Angelich, piano ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé

Inauguré en 1966, le vaste complexe De Dœlen est le centre névralgique de la vie culturelle de Rotterdam, premier port maritime européen. La ville natale d’Erasme, bien que située à une bonne heure d’Amsterdam, peut s’enorgueillir d’une vie musicale de grand prestige avec notamment l’orchestre philharmonique local dont le directeur musical est Valery Gergiev. Le public est assurément fidèle et attentif et il remplit en masse les travées de la grande salle du Dœlen dans le cadre d’une matinée où se produit l’Orchestre Philharmonique de Liège.

En ouverture de ce concert au programme intelligemment conçu, l’orchestre propose Les Préludes, l’un des tubes de . Evitant toute facilité pompeuse ou démonstrative, le chef d’orchestre campe un Liszt haletant et tendu. Il s’appuie sur un orchestre précis, dont les différents pupitres se mettent en valeur. Invité soliste de ce concert, le pianiste nous offre le rare Introduction et allegro appassionato pour piano et orchestre de . Cette musique profonde est magnifiée par le jeu fin, délicat et musical d’Angelich bien servi par l’accompagnement attentif de Rophé et de son orchestre.

Après un entracte qui voit le public se ruer sur ses traditionnels thés ou cafés, orchestre et soliste présentent le second concerto pour piano de , une sorte de spécialité de l’orchestre belge, qui l’a enregistré avec Claire-Marie Le Guay (Accord), et emmené lors de ses tournées. Là encore, la musicalité du pianiste fait merveille. Refusant tout exercice de virtuosité, il se concentre sur la progression et la logique de cette partition tout de même assez décousue. Un grand succès public récompense cette vision que l’on aimerait retrouver au disque. En conclusion, Rophé se lance à l’assaut de Romeo et Juliette de Tchaïkovski. Poursuivant dans une optique rapide et intraitable, Rophé mène cette spectaculaire fresque au triomphe. Certes, cette interprétation est un peu avare de sensualité, mais les musiciens font preuve d’une énergie farouche et d’un bel élan dramatique.

Cet excellent concert, en dépit de l’acoustique trop floue de la salle de concert hollandaise (bien inférieure à celle de la Salle Philharmonique de Liège), démontre une fois de plus l’homogénéité, l’écoute mutuelle et la qualité des pupitres de la phalange liégeoise. Quant à dont le répertoire traditionnel reste centré sur le contemporain, il témoigne d’une grande flexibilité et d’un indéniable charisme dans des chevaux de bataille du répertoire symphonique. Cet alliage semble parti pour nous offrir des concerts d’un très haut niveau.

 

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