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Mahler, Symphonie n°3

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lille. Nouveau Siècle. 23-XI-2006. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 3 en ré mineur. Dagmar Peckova, mezzo-soprano. London Symphony Chorus (chef de chœurs : Joseph Cullent), Maîtrise boréale (chef de chœurs : Michèle Bourdiault), Orchestre National de Lille, direction : Jean Claude Casadesus.

Les amateurs d’œuvres monumentales sont bien servis en ce début de saison à Lille, avec la gigantesque Symphonie n°3 de Mahler. Le concert était réservé aux étudiants de l’Université de Lille II, et devait être repris le lendemain pour le public régulier de l’orchestre, avant de partir en tournée à Douai puis à Paris, (Salle Pleyel).

De cette symphonie exaltant la nature, Jean Claude Casadesus a décidé de faire admirer les paysages, et il aborde ce premier mouvement de manière assez lente et fouillée, laissant entendre une foule de détails, préservant minutieusement les équilibres, et mettant scrupuleusement en valeur chaque pupitre. Le problème vient de ce que le chef peine à unifier les multiples épisodes de ce gigantesque mouvement, les épisodes élégiaques l’inspirent plus que les autres, et le tranchant de sa direction semble parfois émoussé. Les marches, tellement importantes, sont admirablement bien lancées, allantes et légères, mais manquent ensuite d’élan, le rythme se défait progressivement, et le pas se fait lourd.

La légère déception suscitée par cette première partie un peu trop relâchée fait cependant place pour le reste de la symphonie à une extrême satisfaction, en particuliers pour les deux mouvements suivants. Le menuet est très lent, subtilement chorégraphié, et dégage un charme désuet mais prenant, alors que le scherzo est mené avec finesse, poésie et fraîcheur, malgré un solo de cor en coulisse assez éprouvant. Déjà très intéressante dans les Gurrelieder au même endroit il y a près d’un an, Dagmar Peckova est d’une remarquable sobriété dans sa Chanson de minuit, portée par un orchestre sombre et délicat. Il est bien dommage que son solo ait été perturbé par les nombreuses toux que semble immanquablement provoquer désormais tout passage piano durant un concert. Jolie prestation ensuite des chœurs, justes et bien chantants dans le Chant des petits mendiants, avant un mouvement final très creusé, au lyrisme profond et sincère, dans lequel les cordes font assaut de générosité expressive.

L’ connaît bien son Mahler, et donne une prestation enthousiaste et stylée, mais dont la précision et l’homogénéité ne sont pas toujours irréprochables, les parties semblant quelquefois prendre le pas sur l’ensemble. Les cordes se distinguent par leurs sonorités soyeuses et leur engagement, avec des violoncelles et des contrebasses particulièrement mordants. Du côté des cuivres, les cors sont à la hauteur de leur tâche, mais on aimerait un peu plus de panache de leur part, alors que trompettes et trombones sont glorieux. Magistral solo du premier tromboniste durant le premier mouvement. La situation des bois est plus contrastée : avec des solistes remarquables, mais des collègues de pupitre à l’intonation parfois moins sûre.

Bien soutenu par un public nombreux, fervent et visiblement néophyte, ce concert fait la preuve une fois de plus, malgré ses petites imperfections, de la belle maîtrise de l’ONL et de son chef dans les grands monuments symphoniques, en particulier dans le corpus mahlérien.

Crédit photographique : © DR

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