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Bartók fignolé par Michael Gielen

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Béla Bartók (1881-1945) : le Prince de Bois, suite de ballet op. 13 ; Concerto pour orchestre. Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg-en-Brisgau. Michael Gielen, direction. 1 CD Hänssler classic 93. 184. Enregistré en public en 2004. Notice de présentation en allemand et en anglais. Durée : 64’07’’

 

Après un premier album Bartók (Quatre pièces pour orchestre op. 12, le Concerto pour violon et orchestre n°1 et la Musique pour cordes, percussions et célesta), poursuit l’exploration du répertoire symphonique du compositeur hongrois avec l’Orchestre de la Radio Baden-Baden et Fribourg. Nous avions déjà relevé, dans la première livraison de cette intégrale, le raffinement des textures et la grande souplesse de l’orchestre. Dans la suite tirée du ballet le Prince de bois, les pupitres sont assemblés avec minutie, si bien qu’il est parfois difficile d’entendre se développer d’autre nerf que les coloris. Quand on sait que le compositeur a écrit le Prince de Bois dans les mois qui ont suivi le passage des Ballets Russes à Budapest pour donner Petrouchka de Stravinsky, c’est que bien des surprises doivent attendre l’exploration de textures tellement recherchées, quand d’autres parlent de soierie fantastique. Mais la captation, certes généreuse et précise, semble tout de même feutrer l’orchestre au point de mettre les nerfs de la partition un peu trop à distance. Et l’onirisme n’excuse pas le soupçon de rondeur qui empêche la narration de s’appuyer sur des vraisemblances plus littérales, des descriptions plus saisissantes.

Dans le Concerto pour orchestre, la lisibilité du contrepoint et des coloris compromet d’autant plus gravement l’association de l’auditeur au nerf du propos. Si on peut toujours se réjouir de pouvoir distinguer toutes les lignes et d’être protégé de toutes les menaces de lourdeur par tant de fignolage, on doit aussi regretter une modération aussi indécrottable devant un ouvrage qui devrait inspirer plus d’excès, laissant le goût d’un sérieux presque désengagé dans les pages les plus alertes. Le paradoxe d’une œuvre concertante « pour orchestre », annonçant le ballottage permanent de l’orchestre entre sa propre capacité « solistique » et sa force d’accompagnement, exulte tout de même plus vigoureusement dans le Finale. Un disque de très bonne tenue qui demande qu’on augmente le volume de son lecteur CD pour trouver plus d’éclat.

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Béla Bartók (1881-1945) : le Prince de Bois, suite de ballet op. 13 ; Concerto pour orchestre. Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg-en-Brisgau. Michael Gielen, direction. 1 CD Hänssler classic 93. 184. Enregistré en public en 2004. Notice de présentation en allemand et en anglais. Durée : 64’07’’

 
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