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Dynamisme, fougue et humour : cocktail gagnant !

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Nancy. Salle Poirel. 21-XII-2006. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 61 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°1 en fa mineur op. 10. Nemanja Radulovic, violon ; Orchestre Symphonique et lyrique de Nancy, direction : David Klajner.

Nemanja Radulovic et l’

Quand le « prince des violonistes » s’attaque au « roi des concertos pour violon », le résultat ne peut être que grandiose et détonnant… Une entrée réussie pour Nemanja Radulovic, qui, pour sa première venue à Nancy, avait choisi le concerto pour violon de Beethoven : il propose une interprétation visiblement dynamique, enjouée, et plutôt souriante de l’œuvre de 1806, qui suit, dans le catalogue des œuvres pour violon de Beethoven, la Sonate à Kreutzer, écrite trois ans auparavant.

Nemanja Radulovic, qui joue un Jean-Baptiste Vuillaume de 1843, ne perd à aucun moment, malgré la longueur de l’œuvre (près de cinquante minutes !), l’énergie qu’il insuffle dès la première attaque en octaves de l’Allegro ma non troppo : durant toute la performance, il ne cessera d’entraîner l’orchestre par le dynamisme et la fraîcheur de son jeu. Un jeu puissant, sonore, souvent teinté d’humour, mais qui n’en oublie pas les nuances et la finesse d’interprétation, dans certains passages moins « légers » de l’œuvre. Après le premier mouvement, où les musiciens de l’O. S. L. N. et tout particulièrement les pupitres des bois, sont irréprochables, le soliste propose un Larghetto très frais et juvénile, tout en douceur et en poésie. Le calme avant la tempête, car le Rondo final, attaqué avec puissance et brio et ponctué par une cadence de Kreutzer aux accents « bohémiens », permet à Radulovic de montrer à nouveau la fougue de son jeu, et de conquérir le public. Ce dernier ne s’y trompe pas, et rappelle deux fois le jeune soliste de vingt et un ans, pour une Danse pour violon seul de Miletić puis pour la Sarabande de la Sonate n°2 BWV 1003 de Johann Sebastian Bach.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, et centenaire de la naissance de Chostakovitch oblige, l’ conclut la soirée par la superbe Symphonie n°1 op. 10 du compositeur russe. Œuvre de jeunesse de Chostakovitch (composée à dix-neuf ans), teintée d’humour, du plus primesautier au plus grinçant à mesure que la symphonie avance, elle est dirigée par le chef suisse , qui choisit de faire ressortir la structure de l’œuvre et insiste fortement sur les modulations de nuances et d’atmosphères qui émaillent la partition. Le second mouvement, Allegro, qui met en « soliste » un piano, prouve s’il en est besoin, la singularité et l’imagination de l’œuvre de Chostakovitch : mélange de lyrisme exacerbé, de classicisme, et de romantisme, usage démesuré de la gamme des percussions, répétition du tutti d’orchestre… , gestique à la Bernstein (qui fut son professeur), ne lâche à aucun moment l’intensité et le dynamisme, tout en équilibre entre pupitres, qu’il tire de l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy : une bonne occasion également pour entendre les solistes de l’orchestre (une mention toute particulière aux hautbois, clarinette, et flûte solos). Dans l’ensemble, un remarquable pupitre de cordes, des cuivres bien en place, des bois au meilleur de leur forme, bref, l’O. S. L. N. qu’on retrouve avec plaisir dans ses grands jours.

Voilà donc une bien belle soirée dans la saison de l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy consacrée cette année au violon ; gageons encore d’autres rendez-vous intéressants, puisqu’au cours de 2007, David Grimal, Lisa Batiashvili, Alexander Markov ou encore Renaud Capuçon sont attendus dans la cité de Stanislas…

Crédit photographique : © Eric Manas

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Nancy. Salle Poirel. 21-XII-2006. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 61 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°1 en fa mineur op. 10. Nemanja Radulovic, violon ; Orchestre Symphonique et lyrique de Nancy, direction : David Klajner.

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