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Anvers, de Singel. 17-XII-2006. Walter Hus (né en 1959) : Fugatische Symfonie (création sur commande de l’orchestre) ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano en la mineur, Op. 54 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°4 en si bémol majeur, Op. 60. Jean-Claude Vanden Eynden, piano. SymfonieOrkest Vlaanderen, direction : Etienne Siebens.

Le a pris l’habitude de débuter ses concerts en jouant une pièce du répertoire contemporain. Pour ce programme, le nombreux public du Singel a droit à la création de Fugatische Symfonie (Symphonie fuguée), du compositeur belge . Peu habitué à composer pour un orchestre, Hus a écrit une œuvre ramassée et fortement structurée, qui épouse une forme classique en trois mouvements séparés. Le premier mouvement est un long allegro austère, peu personnel, et d’un chromatisme aussi agressif que fatigant. La suite est cependant bien plus prenante : le deuxième mouvement contient quelques beaux passages mélodiques, alors que le finale est un peu haché, mais puissamment construit, et est d’une violence virtuose et glacée assez fascinante. Appelé par le chef lors des saluts, reçoit un bel accueil du public, ce qui est largement mérité car son œuvre révèle une qualité d’écriture certaine et un haut degré d’inspiration dans ses meilleurs moments.

Le SOV retrouve ensuite , un de ses compositeurs de prédilection. est un excellent schumannien, qui exalte la passion, la sauvagerie et la rudesse de sa musique, et n’a pas son pareil pour y créer des atmosphères sombres et fantastiques, toujours à la limite de l’orage et de la folie. Pour jouer son concerto pour piano, appel a été fait à , habitué de l’orchestre, qui a déjà joué avec le SOV les Variations symphoniques de Franck et le Concerto en sol de Ravel. Orchestre et soliste sont sur la même longueur d’onde, ils donnent de ce concerto une version exaltée, rapide et pugnace, très fidèle à la partition, et ne versent jamais dans le pathos ou le sentimentalisme facile. Techniquement très à l’aise, produit une forte impression, avec un jeu véloce et fougueux, mais aussi capable de raffinements, dans son dialogue avec les vents dans la première partie, comme dans le tout simple et guilleret intermezzo. Il est cependant dommage que les qualités de cette belle interprétation soient amoindries par l’acoustique de la salle. Le Singel est en effet un endroit extrêmement pratique et confortable, avec des accès à la salle très bien conçus et un espace entre les sièges particulièrement généreux, permettant à chacun d’étendre les jambes à son aise, mais son acoustique n’est pas à la hauteur. Le son est lointain, produit peu d’impact, et sa provenance est difficile à déterminer. On voit les musiciens jouer, mais quoiqu’ils fassent, ils semblent toujours si éloignés, si peu présents, qu’on assiste au concert, mais qu’on n’a pas l’impression d’y participer.

Après les symphonies n°7 et Pastorale, le SOV poursuit patiemment son cycle Beethoven avec en seconde partie du concert de ce jour, la symphonie n°4. Toujours aussi vivifiantes et inédites, les interprétations beethoveniennes d’ continuent de nous ravir par leur absence d’a priori, leur ton fougueux, leur énergie et leur clarté. Les effets d’opposition et de stéréophonie entre les groupes de cordes sont parfaitement audibles, et rarement on entend autant de détails, et des équilibres aussi subtils entre les pupitres, sans qu’on ait l’impression d’une radiographie, car le chef donne à ces partitions un élan remarquable et leur imprime sa marque. Avec le temps, il faut également souligner que la direction d’ devient plus souple, moins carrée, et que le couple qu’il forme avec son orchestre semble avoir gagné en maturité, en expérience et en confiance mutuelle. Le côté parfois brouillon et sauvage qu’on pouvait trouver à leur collaboration dans certains mouvements laisse la place à une maîtrise rayonnante et à une assurance qui donnent à cette symphonie éclat, puissance, allégresse et ivresse sonore.

Crédit photographique Jan Vivijs

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Anvers, de Singel. 17-XII-2006. Walter Hus (né en 1959) : Fugatische Symfonie (création sur commande de l’orchestre) ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano en la mineur, Op. 54 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°4 en si bémol majeur, Op. 60. Jean-Claude Vanden Eynden, piano. SymfonieOrkest Vlaanderen, direction : Etienne Siebens.

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