Concerts, La Scène, Musique symphonique

Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ?

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Liège, Salle Philharmonique. 23-XII-2006. Leopold Mozart (1719-1787) : Kindersinfonie en ut majeur « Symphonie des jouets » ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour flûte n°1 en sol majeur KV 313 ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n° 5 en mi mineur Op. 64. Lieve Goossens : flûte, Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée.

Concert de Noël de l’OPL

Quelques mois après avoir quitté son poste de directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Liège, faisait un retour très attendu dans la Cité ardente pour ce concert de Noël qui drainait une audience très importante.

Le programme commence par une surprise, la Symphonie des jouets de , interprétée par l’OPL, mais également par des enfants des musiciens de l’orchestre, et par ceux du chef. Tous ces jeunes gens tapent sur leur tambour, soufflent dans leurs appeaux et leur flûte à bec, agitent leur crécelle et font tinter leur triangle avec beaucoup de conviction et d’énergie, et parfaitement en cadence, puisque leurs entrées leur sont indiquées par des musiciens de l’orchestre placés à leurs côtés.

Après cette entrée en matière attendrissante, on reste dans le registre familial, puisqu’à une pièce du père Mozart succède une œuvre de son fils, le concerto pour flûte n°1. L’OPL aime mettre ses solistes en valeur. Jean Luc Votano, Nico De Marchi ont été à l’honneur ces derniers temps, et pour ce concerto, c’est Lieve Goossens qui sort du rang. Originaire du Limbourg, cette jeune flûtiste est première soliste de l’orchestre depuis 2005, après avoir tenu un poste à Saarbrücken. Elle livre dans ce concerto une prestation en demi-teinte : sa sonorité est belle, soyeuse et teintée de jolies couleurs, mais elle semble assez crispée, ce qui se traduit par des phrasés assez hachés et par un certain manque de plénitude et d’assurance dans les passages virtuoses, qui ne respirent pas le bonheur de jouer. Elle connaît également un petit trou de mémoire vers la fin du premier mouvement, ce qui ne l’aide certes pas à surmonter son trac. Petite déception donc pour cette soliste qui a cependant déjà fait de très belles choses depuis son pupitre lors de précédents concerts.

Après la pause, on en vient au morceau de choix de ce programme, avec la symphonie n°5 de Tchaïkovski. Langrée et ses musiciens en donnent une version haletante, volontaire et extrêmement énergique. Après une introduction andante très fouillée, le premier volet est pris sans se poser de question, au panache. La pulsation est parfois un peu lourde, mais la conviction de l’ensemble est manifeste, et les envolées lyriques sont chantées avec beaucoup de chaleur et d’émotion. L’Andante cantabile est lui aussi marqué par cet ardent besoin de chanter : le chef le dirige tout du long avec la main gauche paume vers le ciel, demandant à l’orchestre toujours plus d’intensité et de passion. Il les obtient, ce mouvement étant certainement au sommet de ce que le couple Langrée-OPL peut donner. Après ces deux premiers mouvements brûlants et passionnels, la valse, très élégamment menée est une détente bienvenue, un court répit avant un finale flamboyant, hargneux, couronné par un hymne final impressionnant, mais pas trop écrasant pour autant.

Epuisés, chef et orchestre reçoivent une ovation qui semble visiblement les ravir. Mis à part quelques déséquilibre entre les pupitres dans le volet initial, l’OPL s’est magnifiquement comporté : les cordes sont fines, puissantes et chaleureuses, et un soliste se distingue particulièrement, Bruce Richards au cor, auteur d’un sublime solo dans l’andante. L’émotion est encore au rendez-vous pendant les saluts, lorsque l’altiste Michèle Babey et le violoncelliste Octavian Morea sont copieusement fleuris. Après avoir servi durant plusieurs décennies au sein de l’orchestre, ils jouaient aujourd’hui leur dernier concert avec l’OPL.

Malgré la distance et des rendez-vous moins fréquents désormais, l’histoire d’amour entre le public liégeois et ne semble pas près de se terminer. On retrouvera avec plaisir le chef à Liège en mai pour un festival Brahms, qui donnera notamment à entendre rien moins que Nelson Freire dans le concerto pour piano n°2.

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Liège, Salle Philharmonique. 23-XII-2006. Leopold Mozart (1719-1787) : Kindersinfonie en ut majeur « Symphonie des jouets » ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour flûte n°1 en sol majeur KV 313 ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n° 5 en mi mineur Op. 64. Lieve Goossens : flûte, Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée.

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