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Serge Lifar à l’Opéra de Paris

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Serge Lifar à l’Opéra. Collectif, sous la direction de Gérard Mannoni et Laure Guilbert. Editions De La Martinière, en collaboration avec l’Opéra National de Paris. Paris. 127 pages. 29 euros. N° ISBN : 2-7324-3522-8. Dépôt légal : octobre 2006.

 

, dont on célébrait l’année dernière le vingtième anniversaire de la disparition, fait l’objet d’un recueil de témoignages de personnalités ayant eu l’opportunité de travailler avec lui. Danseurs Étoiles, chorégraphes, font part de ce que Lifar leur a apporté, que ce soit à certains la reconnaissance au sein de la hiérarchie du corps de ballet par la nomination d’Étoiles (, entre autres), à d’autres l’envie de poursuivre la passion de chorégraphier, de manière certes indirecte, mais que l’on sent imposante (, Thierry Malandain). Danseur et chorégraphe, auxquels s’ajoute des talents d’écrivain, son immense culture lui a permis toutes les audaces afin de renouveler la période d’or depuis longtemps achevée de l’Opéra de Paris. Ses essais sont particulièrement enrichissants en ce qu’ils reflètent un instantané d’une époque peut-être un peu fanée, mais nécessaire pour faire avancer l’histoire de la danse. Toujours défigurées sous l’opprobre du vétuste, nombre de ses œuvres n’en ont pas moins été capitales dans l’écriture de la chorégraphie, œuvres qui, une fois montées, ne permettaient plus de revenir en arrière, car ayant exploré une conception différente de l’œuvre dansante, certes de façon rompant avec l’académisme pur, mais pas non plus en termes iconoclastes avec le passé. Plutôt que d’une rupture, il s’agissait d’un passage vers quelque chose de différent, une évolution naturelle qui permettrait par là même à l’Opéra de Paris de renouer avec un faste passé.

Alors, est-il aujourd’hui uniquement reconnu comme danseur, ses chorégraphies prenant la moisissure dans des cartons de l’Opéra ? Il s’agit tout de même d’un héritage non négligeable, un morceau considérable de l’Opéra de Paris, comme le sont les œuvres du XIXe siècle, et dont l’absence dans les programmations de l’Opéra ne fait que cruellement souligner l’ingratitude de l’art français vis-à-vis de son passé, préférant la création à la tradition.

En attendant, on invoque les derniers témoins de cette époque dans un livre. Que celui-ci se décline sous la forme d’un hommage montre bien la nécessité d’un anniversaire de décès pour évoquer un pilier de la maison. Alors, en patientant pour se faire une véritable opinion de l’œuvre de Lifar, on attend que les flambeaux du temple s’éteignent, et que les Étoiles d’une figure majeure de la danse, bien que toujours brillantes, ne nous éclairent plus. Alors, seulement à ce moment là, on pourra dire de Lifar qu’il appartenait à une belle époque.

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Serge Lifar à l’Opéra. Collectif, sous la direction de Gérard Mannoni et Laure Guilbert. Editions De La Martinière, en collaboration avec l’Opéra National de Paris. Paris. 127 pages. 29 euros. N° ISBN : 2-7324-3522-8. Dépôt légal : octobre 2006.

 
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