Banniere-clefsResMu728-90

Renaud Barbier ose la musique contemporaine avec Le Serpent

À emporter, CD, Cinéma et musique

Renaud Barbier : Le Serpent. Jees, D. Ruff, Clovis Cornillac, chant. Paris Studio Orchestra, direction Renaud Barbier ; Maîtrise d’Antony, direction Georges Bessonet. 1 CD Milan Music. réf. : 399 080-2. Enregistré en 2006 aux studios Oméga (Suresnes) et à la Chapelle de l’Institution Saint Marie d’Antony. Notice en Français. Durée : 44’03’’

 

Personne n’a pu échapper à l’intense battage médiatique autour du duel Clovis Cornillac / Yvan Attal dans ce film d’Eric Barbier. Inspiré d’un roman de Ted Lewis – PlenderLe Serpent met en scène la manipulation diabolique orchestrée par Joseph Plender contre son ancien camarade de classe Vincent Mandel.

C’est son le jeune frère de qui signe la musique du Serpent. Les liens familiaux entre le réalisateur et le compositeur peuvent augurer du pire, et c’est avec circonspection que nous avons commencé à écouter le disque. Si la sonorité des premières notes, faussement naïves, peut confirmer nos craintes, les plages qui suivent révèlent peu à peu une œuvre très originale, extrêmement surprenante.

Les amateurs de musique contemporaine seront aux anges : la musique du Serpent, est tout à fait dans la mouvance actuelle : enclumes, clusters, brèves nébuleuses cristallines aux percussions, ébauches de phrases atonales jouées par… une boîte à musique. Rien qui ne fasse penser à ce qu’on l’entend d’habitude au cinéma, si ce n’est les premières œuvres de Gabriel Yared (le Thème Principal rappelle un peu le Prélude à la Pluie dans Malevil, qui constitue lui aussi une rareté dans le monde un peu lisse de la musique de film).

Afin de représenter musicalement la manipulation à l’œuvre, a imaginé une musique qui rappelle le brouhaha de machines industrielles (bips de machine compris !), souvent considéré comme inspirateur de la rupture avec la tonalité au début du XXe siècle : le compositeur mélange les instruments acoustiques et la musique concrète d’une façon qui apparaît complètement étrangère à l’approche américaine. Il ne craint pas les ruptures, la polytonalité (l’une des rares compositions tonales de l’œuvre, Garde la Foi, écrite pour chœur, est ainsi mélangée avec une musique qui lui est complètement étrangère), voire l’utilisation de bruits parasites !

Vous l’aurez compris : Le Serpent est une véritable rareté dans le monde la musique de film française. Amateurs de musique d’aujourd’hui, s’il vous faut écouter une seule BO en ce début d’année, c’est bien celle-ci !

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.