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Bedřich Smetana (1824-1884) : Le Baiser. Ludmilla Cervinková, Vendulka ; Beno Blachut, Lukás ; Premysl Kocí, Tomes ; Karel Kalas, Paloucky ; Marta Krásová, Martinka. Chœurs (direction des chœurs : Jarmil Burghauser) et Orchestre du Théâtre National de Prague, direction : Zdenek Chalabala. 2 CD Supraphon SU 3878-2. Enregistré du 30 juin au 2 juillet 1952. ADD mono. Texte et livret en tchèque, anglais, allemand et français. Durée : 1h43.

 

Supraphon réédite enfin cette version aujourd’hui mythique du Baiser de dirigée par le grand Zdenek Chalabala, également auteur d’enregistrements de référence de La Fiancée vendue et du Mur du diable quelques années plus tard. C’est également l’occasion de retrouver le grand ténor Beno Blachut à son apogée, dans l’un de ses trop rares enregistrements.

L’œuvre, comme La Fiancée vendue avec laquelle elle entretient quelques ressemblances, cultive une veine populaire, fraîche, pleine d’entrain, légèrement sentimentale. On ne dira jamais assez comme cette musique est belle, d’une inépuisable imagination mélodique, sous-tendue par un influx rythmique constant. Tout amateur de musique tchèque se doit d’en faire la découverte.

Chalabala, chef élu de ce répertoire, traduit à merveille cet élan juvénile comme la légère mélancolie qui affleure parfois. Orchestre, aux couleurs légèrement vertes et à la précision sans faille, et chœurs sont parfaitement idiomatiques, d’une vigueur rythmique sans équivalent. Les chanteurs sont, bien sûr tout à fait dans le style voulu et la distribution, surtout masculine est excellente : Blachut est viril à souhait, héroïque et pourtant capable de belles demi-teintes, et les deux clefs de fa ne sont pas moins remarquables. Hélas, la voix de Ludmilla Cervinkova a mal vieilli : timbre acide, chant tendu, elle est assez crispante. Pourtant, la chanteuse n’est pas totalement dénuée de sensibilité, son air de l’acte I est même tout à fait correct, mais, dans les ensembles, elle paraît au mieux la grand-mère de son fiancé ! Une version plus récente, dirigée par Frantisek Vajnar, bénéficiait d’une distribution plus homogène, mais Blachut est ici sans égal. Il faut saluer la qualité étonnante du report qui donne une grande fraîcheur à l’enregistrement : voix très présentes et claires, bonne dynamique, pas de souffle, timbres naturels quoiqu’un peu acides ; tout juste peut-on regretter quelques saturations sur les chœurs et le manque d’ampleur de l’orchestre. Mais, pour l’époque, c’est vraiment remarquable.

Bref, il est sans doute indispensable de tester d’abord votre degré de réceptivité à la voix de l’héroïne, mais sachez que vous entendrez ici des beautés inconnues ailleurs et que l’âge de l’enregistrement n’est en rien un handicap, grâce à un remarquable travail de restauration.

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Bedřich Smetana (1824-1884) : Le Baiser. Ludmilla Cervinková, Vendulka ; Beno Blachut, Lukás ; Premysl Kocí, Tomes ; Karel Kalas, Paloucky ; Marta Krásová, Martinka. Chœurs (direction des chœurs : Jarmil Burghauser) et Orchestre du Théâtre National de Prague, direction : Zdenek Chalabala. 2 CD Supraphon SU 3878-2. Enregistré du 30 juin au 2 juillet 1952. ADD mono. Texte et livret en tchèque, anglais, allemand et français. Durée : 1h43.

 
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