Œuvres de jeunesse plus ou moins en V.O

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 20-I-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson en mi bémol majeur, K. 297B. Gustav Mahler (1860-1911) : Das Klagende lied. Nora Cismondi, hautbois ; Patrick Messina, clarinette ; Vincent Léonard, cor ; Philippe Hanon, basson ; Twyla Robinson, soprano ; Iris Vermillion, alto ; Endrik Wottrich, ténor ; Henk Neven, baryton. Orchestre National de France, direction  : Jaap van Zweden.

pour un Mahler in extenso

Suivant une direction intelligible, si claire que la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson semble imposer une sorte de doxa timbrique relativement serrée. De telle sorte que les phrases, enjambées, donnent à l’effilement de la partition une vitalité paradoxale et tellurique. Les articulations sont plus que modérées, cependant violentes, tant l’ambiance est voulue aérienne, dans l’Adagio. La capacité des interprètes à faire style unique est exemplaire (c’est-à-dire péniblement réaliste), tellement que cela peut paraître incroyable. Dans l’Andantino con variazioni, le hautbois brave les aspérités que pourrait assez naturellement lui apporter sa relative surexposition, sa présence étant chaque cruciale (à cause de la complicité de Mozart avec le hautboïste Friedrich Ramm, dit le programme). Mais c’est surtout dans les répétitives répétitions de ce dernier mouvement que s’appuient les doutes les plus emportés sur l’authenticité de la partition.

Aussi, le point commun le plus fort entre les deux œuvres au programme du concert, est sûrement l’âge du compositeur : Mozart avait vingt-deux ans quand il écrit tout ou partie de la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson, Mahler n’avait pas vingt ans au moment où il écrit le texte et la musique de sa cantate Das klagende Lied. Mais si l’authenticité de la partition de Mahler ne souffre aucun doute, la légitimité des interprétations de son intégralité fait débat. Car après ses déconvenues lors de ses premières représentations, au moment de publier l’œuvre à Vienne en 1900, entre autres modifications, Mahler en retire un bon tiers (le début), que ne rétablira le premier qu’en 1935 Alfred Rosé, neveu de Mahler. En respect avec le compositeur et les consignes musicologiques de convenance, quand Eschenbach et l’ ont joué l’œuvre à Mogador il y a trois ans, c’était la version retouchée, pour ne pas dire écourtée. En 2007, la curiosité l’a emportée et, nettement, valait le détour. Certes, comme s’il fallait se chauffer, comme si partait avec une Idée à incarner dans sa direction, dans le début (le passage justement si rare), l’orchestre paraissait-il plus lourdaud que le chef ne l’appelait, alors que toutes les couleurs y étaient, contrastées et réjouissantes. Et si les solistes pouvaient paraître un peu soufflés par un ouvrage ample et passionnant, c’est aussi que le livret ne donne pas toujours envie de la ramener, quand les germes du chœur et de l’orchestre sont si bien enveloppés.

Crédit photographique : artistsmanagement.com

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