(néo)classique

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Anvers, de Singel. 21-I-2007. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°104 en ré majeur Hob. I : 104 « Londres » ; Concerto pour trompette et orchestre en mi bémol majeur Hob. VIIe : 1. Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonie en ut majeur. Jerœn Berwaerts, trompette. SymfonieOrkest Vlaanderen, direction : Etienne Siebens.

Ce concert anversois du débute par la Symphonie n°104 « Londres » de Haydn. Comme d’habitude dans le répertoire classico-romantique, le SOV et son chef abordent cette symphonie avec clarté, énergie, et senza vibrato. Effectif réduit et absence de vibrato mettent en lumière la structure de l’œuvre, ses contre-chants et ses équilibres instrumentaux, mais on peut regretter le manque de chair des sonorités, et une brutalité excessive des phrasés, faisant de cette exécution une expérience stimulante intellectuellement, mais sensoriellement assez fatigante. L’introduction du premier mouvement est hachée et cassante, et manque à la fois de grandeur et de mystère, et l’allegro qui suit est cru et abrupt. L’andante est meilleur : plus souple et plus doux, il renferme un épisode central particulièrement violent et douloureux, qui contraste de manière surprenante et bien sentie avec le reste du mouvement. A l’inverse, l’opposition entre un menuet sec et pressé et un trio à l’allure nettement plus bonhomme apparaît assez téléphonée, et la vigueur du finale est trop brusque et démonstrative, pas assez fine et spirituelle, pour convaincre l’auditeur.

Le concert continue avec une autre œuvre de Haydn, son fameux concerto pour trompette. Le soliste en est Jerœn Berwaets, originaire du Limbourg, qui à trente ans est déjà titulaire du poste de trompettiste solo du NDR-Sinfonieorchester de Hambourg. C’est peu dire qu’il réalise une prestation impressionnante, car tout y est : maîtrise technique, musicalité, sens des nuances, amplitude de la palette dynamique, précision et beauté des ornements, endurance et souplesse, et surtout une sonorité rayonnante et égale sur toute la tessiture. Aussi à l’aise dans le cantabile du mouvement lent que dans la virtuosité échevelée du finale, il donne de ce concerto une version majeure, en parfaite entente avec un orchestre beaucoup moins rigide, et nettement plus amène que dans la symphonie.

On reste à un haut niveau de qualité avec la Symphonie en ut de Stravinsky qui clôt le programme. Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre à l’écoute du premier volet de ce concert, Siebens et son orchestre en donnent une version colorée et charnue, sans aridité ni machinisme, techniquement très aboutie et parfaitement contrôlée du point de vue dynamique. Les cordes y sont gracieuses, légères et

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.