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Miklós Rózsa, le grand Tzigane wagnérien d’Hollywood

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Miklós Rózsa (1907-1995) : Quo Vadis ; Ben-Hur, suites symphoniques tirées des films. Royal Philharmonic Orchestra & Chorus (Quo Vadis), National Philharmonic Orchestra & Chorus (Ben-Hur), direction : Miklós Rózsa. 2 CD Vocalion CDLK 4332. ADD. Enregistré en 1978 au Kingsway Hall de Londres (Quo Vadis) et en 1977 au Walthamstow Town Hall de Londres (Ben-Hur). Notices unilingues (anglais) excellentes (Alan Hamer). Durée : 40’39’’- 46’40’’.

 

Les Dutton Laboratories britanniques nous offrent en deux CDs pour le prix d’un, sous leur label Vocalion consacré à la musique dite « non classique », une réédition toute récente de deux piliers de l’âge d’or de la musique de film américaine. Surnommé « le grand Tzigane wagnérien » d’Hollywood, le compositeur (1907-1995) fut sans aucun doute l’un des plus remarquables compositeurs pour le film, aux côtés notamment de Bernard Herrmann, Erich Wolfgang Korngold, Franz Waxman ; on retrouvera parmi leurs disciples des noms tels que John Williams, Elmer Bernstein et Jerry Goldsmith. Tous ces musiciens avaient une formation solide fondamentalement classique que bien des apprentis-compositeurs actuels devraient leur envier, et ils ne crurent pas déchoir, à juste titre, en composant pour le film auquel ils donnèrent des lettres de noblesse musicales. Après tout, le film est au XXe siècle l’équivalent de la musique de scène au XIXe, aux chefs d’œuvre indiscutables et indiscutés : il ne viendrait à l’esprit de personne de faire la fine bouche devant Le Songe d’une Nuit d’Été de Mendelssohn !…

fut un maître incontesté des films dits « noirs » ou « psychologiques » : Spellbound, The lost Week-End (1945) et Lust for Life (1956) en témoignent, parmi tant d’autres. Toutefois, si en plus de la remarquable musique de concert de Rózsa, le mélomane désire s’intéresser à sa musique de film, son choix se portera bien souvent sur des partitions telles que Quo Vadis et Ben-Hur qui furent respectivement composées en 1951 et en 1959 : elles font partie de cette période « historico-épique » du musicien qui comprend également Ivanhœ (1952), Young Bess, Knights of the Round Table et Julius Caesar (1953), King of Kings et El Cid (1961), Sodom and Gomorrah (1962). C’est surtout à l’audition de la musique de ces films que l’on comprend l’épithète de « grand Tzigane wagnérien » attribué au compositeur : jamais elle ne s’est montrée aussi opulente, aussi lyrique, utilisant la technique des leitmotive, tout comme chez Wagner, pour mieux souligner la psychologie des personnages, et faisant appel, dans ce cas précis, à un chœur complémentaire.

Éditée maintes fois sous divers labels et divers chefs, la musique de Ben-Hur retrouve ici sa splendeur originelle sous la direction du compositeur, utilisant pour les pages choisies les versions originales et complètes, ce qui n’était pas toujours le cas dans la bande sonore musicale du film (Rhino 72197). Le cas de Quo Vadis est plus simple : les bandes magnétiques musicales originales du film ayant été détruites, il n’existait qu’un pitoyable microsillon MGM reprenant tout bonnement des extraits directement empruntés au film, dialogues et bruitages compris, pratique vraiment décevante pour les mélomanes, d’autant plus que Miklós Rózsa s’était plaint de la prépondérance des bruitages sur la musique, reléguée à l’arrière-plan, comme bien souvent à l’époque ; aussi cette compilation soignée est-elle vraiment la bienvenue, révélant même des pages n’existant pas dans le film, le tout avec le qui avait participé aux sessions originales pour le film.

Espérons que la splendeur de ces interprétations toutes de grandeur, de noblesse et de souffle lyrique fera enfin table rase de l’ensemble des stupides préjugés concernant la musique de film, d’autant que les transferts des somptueux enregistrements Decca Phase 4 ont encore été améliorés par rapport aux originaux. Cette totale réussite est en outre agrémentée de textes très informatifs (en anglais seulement) d’Alan Hamer, le représentant européen de la Miklós Rózsa Society. Maintenant espérons que Dutton – Vocalion nous restituera tous les enregistrements Decca Phase 4 réalisés par un autre géant de la musique de film : Bernard Herrmann.

Distribution de Vocalion pour la France : I. L. D. Disques

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Miklós Rózsa (1907-1995) : Quo Vadis ; Ben-Hur, suites symphoniques tirées des films. Royal Philharmonic Orchestra & Chorus (Quo Vadis), National Philharmonic Orchestra & Chorus (Ben-Hur), direction : Miklós Rózsa. 2 CD Vocalion CDLK 4332. ADD. Enregistré en 1978 au Kingsway Hall de Londres (Quo Vadis) et en 1977 au Walthamstow Town Hall de Londres (Ben-Hur). Notices unilingues (anglais) excellentes (Alan Hamer). Durée : 40’39’’- 46’40’’.

 
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